6 septembres, 2005
  • © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage @ Adagp 

Réalisée à partir des archives de l’Institut National de l’Audiovisuel, "6 septembres" (2005) fait défiler sur trois écrans, dans une succession rapide, des actualités du cinéma et de la télévision recensant des événements ayant eu lieu de 1944 à 2004, un 6 septembre, jour de naissance de l’artiste. 

Le spectateur peut arrêter d’un simple geste le flot d’images qui défilent sans jamais arriver à le juguler. Des images d’inconnus, de la France ou de la guerre du Vietnam, de Pompidou, de Françoise Sagan, ou d'un concert de Johnny Halliday, se succèdent à une vitesse démultipliée, accompagnées d’un son accéléré jusqu’à l’inaudible, comme pour précipiter le temps et l’histoire et rendre l’ensemble à un même anonymat. À la différence d’autres œuvres convoquant une mémoire intime et individuelle, 6 septembres, tel un "Je me souviens" visuel, fait référence à une mémoire historique collective, condensée en un seul jour, dans laquelle chacun peut se remémorer un souvenir marquant, une émotion, un moment de sa vie. Ce rythme incessant des images est manifeste de la surenchère médiatique contemporaine. L’extrême rapidité nivelle les événements, dramatiques ou plus légers, sans qu’il soit possible de les retenir.