Distel, 2012
  • © Adagp - Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Au sein de l’œuvre de Thomas Schütte, l’aquarelle possède une place singulière : elle se révèle d’un côté comme un exercice léger et intimiste – à l’instar des gammes qu’effectue le musicien ou de la tenue d’un journal pour l’écrivain – et s’affirme de l’autre en tant que regard plus proche du quotidien et de l’ordinaire que de la grande Histoire. 

Autoportraits, portraits d’amis, animaux, fleurs, fruits, objets courants en sont les thèmes privilégiés. Si ses aquarelles initiales de fleurs sont liées à la naissance de sa première fille, sa première série constituée s’intitule « I would rather go blind » (1986) : l’émotion ou la sensation y sont, comme à l’habitude chez l’artiste, contrebalancées par un fort degré d’ironie et d’autodérision. Le motif floral est ici traité selon le registre de la vanité ou de la nature morte au travers de simples fleurs posées sur la surface de la feuille, comme déposées sur une tombe. Cette ode presque romantique à la nature, renvoie avec sensibilité au passage du temps et à l’éphémère de la vie.