Empress of India II, 2005
  • © Adagp - Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Un an avant de réaliser la transposition filmique d’une œuvre du peintre américain Mark Rothko ("Four Darks in Red", 2004), Bertrand Lavier inaugure un « chantier » prenant pour modèle les œuvres d’une autre figure majeure de la peinture américaine, Frank Stella.

Il transpose en néons colorés des peintures à bandes de l’emblématique série des "Notched V Paintings", commencée en 1964. Empress of India II (2005) est donc la version lumineuse d’une peinture éponyme de Frank Stella datée de 1967 (conservée au Fine Arts Museum of San Francisco). Ici, l’appropriation n’implique pas la surimposition mais plutôt la transposition d’un matériau par un autre, provoquant un court-circuit d’autant plus violent que l’éclat du néon neutralise l’œuvre d’origine. Si celle-ci semble toujours présente, Bertrand Lavier, dans une démarche très popiste, lui insuffle une vitalité nouvelle en s’appropriant les modalités esthétiques propres à l’univers de la publicité urbaine.