Fish lamp, 2014
  • © Fondation Louis Vuitton / Luc Castel

  • © Fondation Louis Vuitton / Louis-Marie

    Dauzat

  • © Fondation Louis Vuitton / Félix Cornu

  • © Fondation Louis Vuitton / Mazen

    Saggar

  • © Fondation Louis Vuitton / Mazen

    Saggar

Agissant dans le champ de la sculpture et du design avec la même sensibilité que dans sa pratique architecturale, Gehry a régulièrement expérimenté des matériaux inattendus : le carton ondulé pour les "Easy Edges" (1969-73) et "Experimental Edges" (1979-82) ou le bois courbé pour une ligne de mobilier éditée par Knoll (1989-93).

Ses premières Fish Lamps sont issues d’une commande passée par Formica en 1983, dans le but de créer des objets à partir d'un nouveau stratifié teinté dans la masse. Par analogie entre les éclats du matériau brisé et les écailles, Gehry façonne une suite de lampes en forme de poisson dont les armatures métalliques sont recouvertes de pièces de formica. Interne, la source lumineuse joue avec la nature fragmentée de l'enveloppe et les qualités chromatiques du matériau. Reconduite en 2012 à une plus grande échelle, cette série, prolonge entre la sculpture et le design, l'intérêt de l'architecte pour un motif qui a presque valeur de signature.

Le poisson est une source d'inspiration et un modèle récurrent pour Gehry. Il l'adosse à une de ses constructions (Kobe, 1986), le dresse en verre (Minneapolis, 1986) ou en treille métallique (Barcelone, 1992). Parfois évoqué par l'intéressé comme le souvenir d'enfance des carpes élevées par sa grand-mère, l'animal est surtout le modèle d'une forme en mouvement constant et dont le dynamisme est perceptible dans les torsions du Pavillon Jay Pritzker à Chicago (2004), celles de l’hôtel Marqués de Riscal Vineyard à Elciego (2006) ou les irisations et volutes de l'expérience Music Project de Seattle (2000).