Grillo, 1984
  • © The estate of Jean-Michel Basquiat / Adagp - Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Remarquable par son emploi du relief et de la couleur, compose de quatre panneaux, "Grillo" (1984) fait alterner figuration et abstraction. 

Le premier et le troisième panneau frappent immédiatement le regard. Deux figures monumentales, l’une surmontée d’un morceau de bois noir parsemé de clous, l’autre d’une couronne dorée, se détachent sur un fond blanc couvert d’un collage de signes, de dessins et de fragments de phrases. Hérissée de clous, une barre verticale sépare le premier panneau de son voisin, d’un fond vert profond, recouvert de dessins et de zones blanches. Le quatrième panneau, plus abstrait, un mélange de jaunes et de verts, est borde d’une barre verticale couverte de clous. L’œuvre renvoie à l’univers du graffiti, mais évoque aussi, dans son utilisation des clous et de fragments de textes, le pouvoir attribue aux symboles, aux statues d’intercession et aux fétiches typiques des traditions africaines et caribéennes. Par ses références simultanées au collage et au recyclage à la manière de Rauschenberg et à l’efficacité plastique du monde urbain héritée de Warhol, Jean-Michel Basquiat démontre sa capacité à transcender des sources culturelles variées en un style personnel débordant d’énergie juvénile.