Hirsch, 1963
  • © Gerhard Richter - Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo

De 1961 à 1966, Gerhard Richter se consacre essentiellement aux peintures reproduisant des photographies d’objets ordinaires ou des portraits de famille. 

Il met alors au point l’une de ses techniques les plus caractéristiques, une touche floue, lissée et striée, voilant ses sujets de mystère. Réalisée à partir d’une photographie prise des années auparavant, Hirsch (1963) est l’une des œuvres les plus singulières de ce corpus. Symbole de l’état sauvage dans le Romantisme allemand et les légendes nordiques, un cerf apparaît ici au sein d’une forêt. Estompée par de larges coups de brosse, cette image affirme sa présence en même temps qu’elle s’éloigne dans un espace infranchissable. Ne subsistent des arbres et de leurs ramures que les contours nettement dessinés, des formes tubulaires et curvilignes qui enveloppent l’animal dans une brume hivernale.