Ibo, 2008
  • © Adagp - Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo

"Ibo" (2008) est un bronze obtenu à partir du moulage d’un fétiche du Niger, une pièce qui symbolise l’art primitif affectionné par les avant-gardes depuis le début du XXe siècle. 

Réalisée en bronze, soclée, la sculpture est recouverte de peinture chromée. Prise dans mouvement contradictoire d‘élévation et de domestication d’un objet rituel, elle est un double détournement de l’histoire coloniale : Lavier agit en ethnographe et déconstruit les processus d’appropriation de la tradition artistique occidentale. En résulte une œuvre tiraillée par les paradoxes infinis de son statut et dont toute interprétation demeure problématique. "J'ai acheté la sculpture ibo, la première, à Bruxelles en 2006. Je pensais la peindre ou la chromer. Puis cela m'a paru impensable, et bien plus intéressant de la précipiter dans l'histoire de la sculpture occidentale par la fonte" explique l'artiste.