K. 364, 2010
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Troisième « portrait » réalisé par Douglas Gordon, "K.364" (2010) suit le voyage de deux violonistes israéliens, Avri Levitan et Roi Shiloah, de Berlin vers la Pologne. 

Dans le train, les violonistes jouent et évoquent leurs origines et le rapport contrarié de leurs parents avec leur terre natale. C’est la première fois que Roi Shiloah se rend en Pologne. Sa mère y est pourtant née en 1939. Rescapée de l’Holocauste, elle a fui à travers des bois semblables à ceux qui défilent derrière la fenêtre du train. L’idée de la transmission trouve une métaphore dans l’évocation par le musicien de l’histoire de son instrument, un temps propriété d’un joueur de tango emprisonné pour meurtre. La rupture, elle, se dessine dans l’évocation de l’ancienne synagogue de la ville de Poznań transformée en piscine. À la dualité du film – les deux personnages, l’Europe et Israël, le passé et le présent – répond une projection simultanée sur deux écrans. Les plans se complètent et plongent le spectateur dans un environnement sonore et lumineux culminant dans une dernière partie consacrée à l’interprétation de la symphonie. L’usage du gros plan par Douglas Gordon souligne les émotions des deux interprètes, leur tension physique. Dans cette conclusion, la beauté de la musique transcende les sentiments et les témoignages passés.