Mann im Matsch, 2009
  • © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage © Adagp

À l’opposé des couples grimaçant des "United Enemies" ou des "Grosse Geister" qui expriment le futur d’un monde menaçant, Thomas Schütte signe avec "Mann im Matsch" (2009) une représentation intemporelle. 

Apparu pour la première fois en 1982 à la dimension d’une figurine dans une maquette, le personnage ne prend sa taille monumentale qu’avec la commande Mann im Matsch – Der Suchende, réalisée en 2009, devant la Sparkasse d’Oldenburg, ville natale de l’artiste. Cette sculpture en est la maquette à l'échelle 1. Une des sources de l'œuvre réside dans la série d’aquarelles September Notes (1989). Dans celles-ci, Thomas Schütte inscrit le néologisme « mudern », associant « mud » (boue) et « modern » (moderne), à côté d’un homme, les jambes dans la boue, possible allégorie du bourbier de la modernité et de l’échec de ses utopies. Le personnage, d’abord expressif et d'âge mur, devient au fur et à mesure du projet, plus jeune et impassible. Dans sa dernière réalisation, l’artiste ajoute une baguette de sourcier dans ses mains, le dotant du pouvoir divinatoire, inversant le sens de la sculpture. D'abord monument à l’aliénation de l’homme moderne, elle apparaît désormais comme le possible dépassement de l’entrave exprimant l’insatiable envie d'exploration de l’artiste, semblable de ce jeune sourcier investi d’une quête.