Self-Portrait, 1978
  • © The Andy Warhol Foundation for the

    Visual Arts, Inc. / Adagp, Paris 2015 - Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo

Le polyptyque "Self-Portrait" (1978) est composé de quatre autoportraits de même taille et de format carré, réalisés à partir de la même photographie sur laquelle Warhol fait appel à la technique du « snap-shot » (photographie prise vite et à l'occasion). 

Il superpose avec un léger décalage trois photographies de son visage afin de donner l’impression d’une légère rotation progressive de la tête : le premier de trois quart regarde l’objectif, le second détourne le regard sur le côté et le dernier est quasiment de profil. La coexistence des trois visages successifs, obtenus par la surimpression de trois écrans sérigraphiques sur le même support, trouble sa lecture. Cette œuvre marque une évolution dans le traitement de l'autoportrait puisque l'artiste y croise des techniques issues de la peinture, de la photographie et de la sérigraphie : des traces de pinceau sont visibles et les deux portraits inférieurs sont traités en négatif. Les quatre autoportraits disposés en damier ont chacun subi un traitement différent : celui de la partie supérieure gauche avec ses contrastes noir et blanc est le plus lisible, à sa droite le duo gris et noir est plus sombre, le visage est presque invisible. Le troisième (dans la partie inférieure gauche) est imprimé en négatif de couleur or et noir, et le dernier, à sa droite, le plus fantomatique, en négatif noir et blanc.