Self-Portrait, 1986
  • © The Andy Warhol Foundation for the

    Visual Arts, Inc. / Adagp, Paris 2015 - Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo

En 1986, Warhol entame "Self-Portrait" (1986), son ultime série d'autoportraits - certainement la plus connue avec celle de 1967. 

À l’occasion d’une exposition dans la galerie d’Anthony d’Offay à Londres, Warhol laisse, comme à son habitude, son galeriste décider du sujet. Ce dernier lui commande de nouveaux autoportraits (le dernier en date étant The Shadow, 1981). Ils sont exposés pour la première fois à la galerie en juillet et août 1986. Warhol meurt quelques mois plus tard, le 22 février 1987. L’artiste effectue plusieurs versions à partir de différents Polaroids, varie les cadrages, les formats et les couleurs. Il choisit un éventail de teintes profondes et agressives (jaune, rouge, violet, vert, bleu) qu’il contraste avec un fond monochrome noir. À la différence de ses portraits en buste, Warhol ne laisse apparaître ni le cou ni les épaules, seul son visage surgit en gros plan et occupe toute la toile comme c’est le cas ici. Le visage frontal, désincarné, séparé de son corps, semble flotter tel un masque mortuaire. Warhol porte une perruque argentée de cheveux ébouriffés, surnommée « fright wig » (souvent traduite en français par « perruque panique »). La chevelure surnaturelle lui donne une allure spectrale. Le regard absent, fixé vers l’objectif, et l’expression à la fois méditative et intense de l’artiste vieillissant dégagent un mélange de désespoir et d’angoisse. L’impact du violet accentue sa dimension tragique, et le format monumental l’effet dramatique.