Le BurenCirque, un chapiteau centre d’art

 

2, 3 et 4 juin 2016 - 21h à 22h15

© Fondation Louis Vuitton / Dourak Production

Sans doute n’est-ce pas un hasard si Daniel Buren a croisé la route de Dan et Fabien Demuynck, deux pionniers du cirque contemporain. Enfant déjà, il éprouvait une véritable fascination pour le cirque qui s’est traduite, adolescent, par un intérêt marqué pour les artistes qui en ont exploré l’univers à travers la peinture (Pablo Picasso, Henri de Toulouse-Lautrec, Fernand Léger, Georges Rouault…), sans toutefois penser qu’il puisse lui-même un jour aborder ce sujet.

 

Une première invitation lancée par la Compagnie Foraine, à la fin des années 1990, marque le point de départ d’une collaboration, féconde et continue, avec les deux circassiens, aboutissant à la création du BurenCirque au tournant des années 2000. 

 

Combinant arts du cirque, musique, chant et arts plastiques dans un dialogue entre culture occidentale et africaine, ce projet pluridisciplinaire fait intervenir des talents d’origines et de disciplines différentes dans des créations expérimentales, conçues sur la base d’échanges permanents qui opèrent à tous les niveaux entre ses trois fondateurs.

 

À l’extérieur, Daniel Buren déploie des structures plus ou moins monumentales, remodelées selon les spectacles, qui s’appuient sur les composantes traditionnelles du cirque dont il en redéfinit les contours. À l’intérieur, funambules, acrobates, musiciens, chanteurs, jongleurs et autres dresseurs sont invités à interagir avec les dispositifs qu’il a créés spécifiquement. Qu’il soit invité à redessiner l’espace traditionnel du cirque ou à penser les décors d’un opéra, d’un ballet ou de tout autre type de spectacle, Daniel Buren l’envisage, comme la majorité de son travail, « in situ, in vivo, in vitro et de visu ».

 

Ainsi, la « méthode Buren » est ici à l’œuvre avec ses principes inhérents (réponse à une invitation, voyage, processus de travail lié à l’espace, à l’architecture et au contexte…) et son langage formel (se retrouvent, ici et là, les bandes blanches de 8,7 centimètres, la couleur, les miroirs ou encore les fanions).

 

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Lieux intimistes et colorés

 

L’année 2013 marque une nouvelle étape avec la naissance d’une structure dédiée qui se présente sous la forme de trois cabanons dessinés par Daniel Buren. Inspiré à la fois par l’architecture foraine, dont il renouvelle le genre, et par ses célèbres cabanes éclatées, chaque chapiteau, prenant pour base une piste de neuf mètres de diamètre et sa forme circulaire, se compose de deux éléments bicolores – un parallélogramme à base carrée de onze mètres de côté, coiffé d’un cône à la base égale et parallèle à la circonférence de la piste et précisément centré sur celle-ci –, l’ensemble étant surmonté de deux arches sur lesquelles apparaît « l’outil visuel », ici noir et blanc. Selon l’artiste, ces trois espaces devraient idéalement prendre place dans la catégorie des travaux situés/in situ. En effet, à partir d’une structure inchangée dans sa forme, chaque nouveau projet engendre une adaptation qui se définit in situ, selon l’expression consacrée, autrement dit en fonction de l’architecture et du contexte social, économique et culturel du lieu d’accueil.

 

Lumineux le jour, ils apparaissent, dans la nuit, telles des lanternes affichant leurs chromatismes avec une translucidité vibratoire. Dans ces lieux intimistes et colorés, le spectateur est engagé au sein d’une expérience sensorielle intense qui renouvelle son rapport à l’espace en privilégiant l’écoute et le regard selon deux configurations originales : soit il est statique et les artistes bougent d’un cabanon à l’autre, soit il déambule de l’un à l’autre pour voir leurs numéros.