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Piano Jazz sessions – Chick Corea

 

Jeudi 26 avril 2018, 20h30

Auditorium

Ce premier opus des « Piano jazz sessions » de la Fondation Louis Vuitton présente quelques personnalités majeures du clavier, pour autant de propositions et d’univers musicaux singuliers.

 

Une série de 5 concerts de fin avril à mi-mai 2018 qui offre une diversité d’approches pianistiques alliant improvisations et programmes inédits.

Tarifs

Chick Corea

Piano

 

Chick Corea s’est hissé au rang d’icône de la musique. Ce pianiste/claviériste, compositeur et leader de groupe, a été classé dans le Hall of Fame du magazine DownBeat et Jazz Master par le NEA. C’est aussi le quatrième artiste le plus nominé de l’histoire des Grammy Awards, avec 63 reconnaissances – et 22 victoires, en plus d’un grand nombre de Latin Grammys. Du jazz straight-ahead à celui d’avant-garde, du bebop au jazz-rock fusion, des chansons pour enfants aux œuvres symphoniques et à la musique de chambre, ce touche-à-tout a atteint un nombre époustouflant de jalons musicaux dans sa carrière depuis qu’il s’est produit avec Miles Davis, faisant voler en éclat les frontières entre les genres à la fin des années 60 et au début des années 70. Pourtant, Chick n’a jamais été plus prolifique qu’au XXIe siècle, qu’il s’agisse de jouer du piano acoustique ou sur des claviers électroniques, de diriger de nombreux groupes, de se produire en solo ou de collaborer avec les plus grands noms de la musique. En témoigne sa double nomination d’Artiste de l’année cette décennie au DownBeat Readers Poll. Né en 1941 dans le Massachusetts, Chick conserve son infatigable créativité et se réinvente perpétuellement à travers l’art. Comme l’évoquait The New York Times, il s’agit d'« une sommité exubérante, d’une éternelle jeunesse. »

 

Dans la discographique classique de Chick en tant que leader ou co-leader, citons Now He Sings, Now He Sobs (avec Miroslav Vitous et Roy Haynes ; Blue Note, 1968), Paris Concert (avec Circle : Anthony Braxton, Dave Holland et Barry Altschul ; ECM, 1971) et Return to Forever (avec Return to Forever : Joe Farrell, Stanley Clarke, Airto Moreria et Flora Purim ; ECM, 1972), ainsi que Crystal Silence (avec Gary Burton ; ECM, 1973), My Spanish Heart (Polydor/Verve, 1976), Remembering Bud Powell (Stretch, 1997) et Further Explorations (avec Eddie Gomez et Paul Motian ; Concord, 2012). Féru de collaborations aventureuses, Chick a fait équipe avec divers artistes, allant de la légende du jazz Lionel Hampton au pianiste nouvelle génération Stefano Bollani, du banjoïste Béla Fleck à la superstar du chant Bobby McFerrin. Ses duos avec Gary Burton et Herbie Hancock durent depuis des décennies.

 

Le dernier album de Chick s’érige comme un nouveau classique dans sa discographie : Trilogy, un coffret de trois disques enregistrés en live avec le bassiste Christian McBride et le batteur Brian Blade (Concord, 2014). Dans cet album nommé pour deux Grammys, le trio interprète des compositions classiques de Chick (telles que « Spain »), ainsi que des morceaux inédits du pianiste (« Piano Sonata : The Moon »), une série de standards du jazz et même un Prélude d’Alexander Scriabin. Dans son article sur l’une des étapes de la tournée du trio à travers le monde, All About Jazz écrit : « Il s’agit très certainement de l’un de ses trios les plus mémorables… [Corea] n’a jamais été plus actif qu’aujourd’hui — et avec des albums aussi superbes que Trilogy… il est clairement au meilleur de sa forme. »

 

En 2012, Hot House (Concord), l’album le plus récent de Chick avec le vibraphoniste Gary Burton, a marqué la cinquième décennie de leur duo. Il a valu deux Grammy Awards au pianiste : Meilleure composition instrumentale pour « Mozart Goes Dancing » (son œuvre pour piano, vibraphone et quatuor à cordes) et Meilleur solo de jazz improvisé (pour « Hot House »). Soit ses 19e et 20e victoires aux Grammy Awards. Fait rare pour un « musicien de jazz », Chick a reçu le prix Richard J. Bogomolny de la Chamber Music America en 2010. Autre prouesse pour un compositeur, son album The Continents : Concerto for Jazz Quintet and Chamber Orchestra, a été édité en 2013 par un illustre label classique, Deutsche Grammophon. Chick a enregistré son premier album en solo au piano en 1971. Un cheminement intime qu’il poursuit avec instrument sur Solo Piano – Portraits (Concord, 2014).

 

Pour une tournée mondiale à guichets fermés et un album live en 2008, Chick a réuni son groupe de jazz-rock fusion pionnier, Return to Forever, qu’il avait fondé en 1972. En 2011, le noyau du groupe – Chick, l’un des membres d’origine, Stanley Clarke, et le vétéran Lenny White – a signé un album acoustique récompensé par un Grammy : Forever (Concord). Ensuite, une nouvelle version recomposée de Return to Forever (avec Clarke, White, Jean-Luc Ponty et Frank Gambale) a entamé une tournée mondiale acclamée, produisant dans la foulée le CD/DVD en live The Mothership Returns (Eagle Rock, 2011). Dans une autre rencontre de grands esprits, Chick a co-dirigé le Five Peace Band avec le guitariste John McLaughlin, autre ancien ayant officié aux côtés de Miles Davis. Le groupe a remporté un Grammy pour Five Peace Band Live (Concord, 2009). Un quintet en live encensé par le New Zealand Herald, qui entend en lui l’expression « d’un jazz sans compromis, d’une inventivité téméraire. »

 

En 2013, pour l’album The Vigil (Concord), Chick a fondé un nouveau quintet électro/acoustique d’une nouvelle ère, avec lui-même au clavier et son associé de longue date Tim Garland aux instruments à anche, aux côtés de jeunes musiciens en vogue. Une critique du Guardian est particulièrement évocatrice de la quête sans cesse renouvelée de cet artiste, malgré les accomplissements et les récompenses : « Chick Corea tient une forme resplendissante… Ce set intense est là pour célébrer la musique et la réinventer, pas pour faire briller l’argenterie. »

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© Dick Zimmerman