Récital Fazil Say, piano solo

Samedi 12 janvier 2019 - Auditorium

20h30
© Marco Borggreve
Récital Fazil Say, piano solo
Concert

© Marco Borggreve

UN WEEK-END AVEC FAZIL SAY

 

Le pianiste et compositeur Fazil Say est mis à l’honneur en janvier à la Fondation Louis Vuitton.

 

Le 11 janvier l’Auditorium accueille le duo de pianistes Ferhan et Ferzan Önder, accompagnées aux percussions par le Martin Grubinger’s trio, dans un programme dédié aux œuvres du compositeur avec en création mondiale une Sonate pour deux pianos, commande de la Fondation Louis Vuitton.

 

Le lendemain, 12 janvier, c’est en tant que pianiste que nous retrouvons Fazil Say pour un récital avec au programme des œuvres de Mozart, Chopin… et Say.

Du monde d’hier aux horizons de demain : Fazil Say joue Mozart, Chopin… et Say.

 

Révélé par Mozart et Bach, qui firent l’objet de deux de ses premiers enregistrements au début des années 1990, Fazil Say a su faire entendre une voix singulière dans le panorama musical contemporain, faite d’interprétations des grands maîtres et de compositions propres. 

 

Qui regarde ses enregistrements constate l’amour que le pianiste turc porte au classicisme viennois de Haydn, de Mozart et de Beethoven, trois figures tutélaires qu’il ne cesse d’interroger. Fazil Say revient à ses premières amours en interprétant la célèbre Sonate KV 331 de Mozart, dite « alla turca ». Hommage du compositeur ou clin d’œil de l’interprète ? La Sonate « alla turca » (1783) rappelle la fascination mêlée de crainte que le puissant empire austro-hongrois ressentit longtemps pour ses voisins ottomans. Ainsi, Mozart imite-t-il dans le dernier mouvement, les rythmes bondissants des terribles soldats turcs, les compagnies de janissaires.

La gaîté enjôleuse du musicien viennois dialogue avec les ombres crépusculaires de trois des dernières nocturnes de Chopin (1827-1837).  Évocation des ombres du soir ou traduction d’états intérieurs allant de la mélancolie au désespoir ? Chopin s’empare du genre inventé par son contemporain irlandais John Field auquel il donne une valeur testamentaire non exempte de tragique.

 

Interprète en quête des grands maîtres, Fazil Say est aussi l’un des compositeurs d’envergure des scènes contemporaines. Les aléas du monde contemporain traversent ses pièces, autant que les échos de sa culture d’origine. Gezi Park II (2013) prend place dans un ensemble d’œuvres consacrées aux événements politiques qui agitèrent les milieux intellectuels turcs suite au projet de destruction du parc Taksim Gezi, l’un des rares espaces verts d’Istanbul. Gezi Park se fait ainsi l’écho de la vague protestataire et des soubresauts de la société turque contemporaine dont Say demeure l’un des représentants emblématiques.

 

La création française de la Sonate Trojan invoque un autre fantôme, moins politique mais tout aussi turc : le cheval grec chanté par Homère dont l’entrée par la ruse détruisit la brillante civilisation de Troie, cité mythique admirée, enviée, imitée de ses voisins méditerranéens.

 

En miroir à Gezi Park, la création française de la Rhapsodie concertante pour piano "Yürüyen Köşk" (2017) reconstitue un épisode célèbre de la vie de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne et écologiste convaincu : en 1930, pour sauver un platane, il fait déplacer une maison de plusieurs mètres.

L'artiste

Fazil Say

Grâce à ses extraordinaires talents pianistiques, Fazil Say touche depuis vingt-cinq ans public et critique d’une manière devenue rare dans un monde de la musique classique de plus en plus structuré et organisé de part en part. Les concerts de cet artiste sont différents : plus directs, plus ouverts, plus excitants – en un mot : ils font mouche. C’est exactement ce qu’a pensé le compositeur Aribert Reimann lorsqu’il entendit un peu par hasard en 1986, à l’occasion d’une visite à Ankara, le jeune pianiste alors âgé de seize ans. Il demanda sur le champ à son accompagnateur, le pianiste américain David Levine, de se rendre au conservatoire de la capitale turque, accompagnant sa demande de ces mots devenus célèbres : « Il faut absolument que tu l’entendes, il joue comme un diable. »

 

Fazıl Say fut d’abord l’élève de Mithat Fenmen, qui avait lui-même étudié à Paris auprès d’Alfred Cortot. Pressentant peut-être toute l’ampleur du talent de son élève, Fenmen lui demanda d’improviser tous les jours sur des thèmes du quotidien avant de s’atteler aux indispensables exercices et études. C’est sans nul doute dans ce contact régulier avec des processus de création et des formes libres qu’il faut chercher l’origine de l’immense talent d’improvisateur et de la vision esthétique qui font de Fazil Say le pianiste et le compositeur qu’il est. En tant que compositeur, Fazıl Say a écrit entre autres pour répondre à des commandes du Festival de Salzbourg, du WDR, du Konzerthaus de Dortmund et des festivals de Schleswig-Holstein et de Mecklembourg-Poméranie. Son œuvre comprend des compositions pour piano seul, de la musique de chambre mais aussi des concertos ainsi que de grandes œuvres pour orchestre.

À partir de 1987, Fazıl Say a parfait sa formation de pianiste auprès de David Levine, d’abord au Conservatoire Robert Schumann de Düsseldorf puis à Berlin. Il a ensuite suivi régulièrement des cours d’interprétation avec Menahem Pressler. Sa technique exceptionnelle lui permit très vite de maîtriser avec une parfaite aisance toutes les grandes compositions du répertoire. Et c’est justement ce mélange de finesse (chez Haydn, Bach et Mozart) et de virtuosité (dans les œuvres de Liszt, Moussorgski ou Beethoven) qui lui valut en 1994 la victoire lors du concours international Young Concert Artists à New York. Fazıl Say se produisit ensuite avec tous les orchestres américains et européens les plus réputés, sous la direction de nombreux grands chefs, s’appropriant ainsi un vaste répertoire qui va de Bach à la musique contemporaine (y compris ses propres compositions), en passant par ces « classiques » que sont Haydn, Mozart et Beethoven, sans oublier les romantiques.

 

Fazıl Say s’est produit depuis dans d’innombrables pays, sur tous les continents ; « Le Figaro » le considère comme « un génie ». Mais il mène également une carrière de musicien de chambre : il a, pendant des années, formé un fantastique duo avec la violoniste Patricia Kopatchinskaja, et au nombre de ses autres partenaires célèbres, on compte notamment Maxim Vengerov, le Minetti Quartet, Nicolas Altstaedt et Marianne Crebassa.

 

De 2005 à 2010, Fazıl Say fut en résidence exclusive au Konzerthaus de Dortmund, tandis qu’une autre résidence l’a mené, en 2010-2011, au Konzerthaus de Berlin. Le Schleswig-Holstein Musik Festival 2011 lui a consacré une grande partie de son programme. D’autres résidences et festivals ont eu lieu à Paris, Tokyo, Merano, Hambourg et Istamboul. Durant la saison 2012-2013, il fut en résidence auprès du Hessischer Rundfunk à Francfort ainsi qu’au Rheingau Musik Festival, où il remporta le prix décerné par le festival. En 2013-2104, il a été « compositeur en résidence » au Konzerthaus de Vienne (avec cinq concerts) et « artiste en résidence » au Bodenseefestival avec 14 concerts. Pendant la saison 2015/16, l'Alte Oper de Francfort et l’Orchestre de Chambre de Zurich l'ont invité comme artiste en résidence, et il est pour trois saisons artiste en résidence au Festival des Nations à Bad Wörishofen.

 

En décembre 2006, Fazil Say a reçu à Bonn le Prix Beethoven pour les droits de l’homme, la paix, la liberté, la lutte contre la pauvreté et l’inclusion. En automne 2017, il recevra le Prix de la musique de la ville de Duisburg.

 

Ses enregistrements de Bach, Mozart, Beethoven, Gershwin et Stravinsky, parus chez Teldec Classics, ainsi que ses productions de Moussorgski, Beethoven et de ses propres œuvres chez naïve ont été encensés par la critique et lui ont valu de nombreux prix, parmi lesquels trois ECHO Klassik. L’année 2014 a vu paraître ses enregistrements d’œuvres de Beethoven – le Concerto pour piano n° 3 avec l’orchestre du Hessischer Rundfunk sous la direction de Gianandrea Noseda ainsi que les Sonates op. 111 et « Clair de Lune » –  de même que le CD « Say plays Say » exclusivement consacré à ses propres œuvres. Depuis 2016 Fazıl Say enregistre exclusivement pour Warner Classics. Il y a publié en automne 2016 l’intégrale des sonates de Mozart, pour laquelle il a reçu son quatrième ECHO KLASSIK. En collaboration avec Nicolas Altstaedt, il a enregistré l’album « 4 Cities » (2017). En automne 2017, Warner Classics publie les Nocturnes de Frédéric Chopin et l’album « Secrets », une compilation de mélodies françaises interprétée avec Marianne Crebassa.

L'essentiel

Durée estimée : 1h30
Samedi 12 janvier 2019
20h30 - Auditorium

Les tarifs

  • - Tarif plein 40.00€
  • - Tarif membre 25.00€

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Le Programme

WOLFGANG AMADEUS MOZART

Sonate en la majeur K 331

 

FREDERIC CHOPIN

Nocturnes op. posthume n°19, 20 et 21

 

--- entracte ---

 

FAZIL SAY

Sonate pour piano op. 52 - « Gezi Park 2 »

 

FAZIL SAY

Rhapsodie concertante pour piano "Yürüyen Köşk" (1ère française)

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