Au Diapason du Monde

Exposition passée - Du 11 Avril 2018 au 27 Août 2018

François Morellet. L’avalanche. 2006 
© Mnam Centre Pompidou / Georges Meguerditchian © ADAGP, Paris, 2018
Au Diapason du Monde
Exposition

François Morellet. L’avalanche. 2006

© Mnam Centre Pompidou / Georges Meguerditchian © ADAGP, Paris, 2018

Depuis le premier accrochage d’œuvres emblématiques de la Collection de la Fondation Louis Vuitton accompagnant l’inauguration du bâtiment de Frank Gehry en 2014, la Fondation a régulièrement présenté différents choix d’œuvres regroupées autour des quatre lignes « sensibles » retenues pour la Collection : Contemplative, Expressionniste, « Popiste », Musique / son (2014/2016), ou d’ensembles d’œuvres dans le cadre des manifestations spécifiques dédiées à la Chine (2016) et à l’Afrique (2017).

« Au diapason du monde » (11 avril – 27 août 2018) dévoile dans l’ensemble des galeries du bâtiment de Frank Gehry, une nouvelle sélection d’artistes de la Collection réunissant des œuvres modernes et contemporaines, tous mediums confondus, pour l’essentiel jamais exposées en ce lieu.

Au-delà d’un accrochage, « Au diapason du monde » se veut une exposition sur la base d’une thématique précise. Celle-ci renvoie aux questionnements actuels liés à la place de l’Homme dans l’univers et à la nouvelle approche qui le lie à son environnement et au monde du vivant, soulignant les interconnexions entre l’humain, l’animal, le végétal voire le minéral.

Deux parcours complémentaires dans l’ensemble du bâtiment :

Le Parcours A, présenté au niveau 2 du bâtiment (galeries 9, 10 et 11), offre une plongée dans l’univers de l’artiste japonais Takashi Murakami (né en 1962).

S’appuyant sur l’histoire politique, culturelle et sociale du Japon, Takashi Murakami cultive un monde à part, à la fois sombre et fabuleux, qui combine l’esthétique Kawaii à des références aux traumatismes de son pays, comme la bombe atomique ou plus récemment le tsunami. À travers une multiplicité de formes et de supports (peinture, sculpture, vidéo…), auquel fait écho cet accrochage, l’œuvre prolifique de Takashi Murakami développe un imaginaire débridé, saturé de couleurs et peuplé de créatures fantastiques, mi-humaines mi-animales où se mêlent culture populaire et savante, iconographie bouddhique et manga, tradition et modernité, Occident et Orient, technique ancestrale et technologie de pointe. 

Cette présentation, conçue en collaboration étroite avec l’artiste, s’articule autour de trois ensembles :

– La galerie 9 est dédiée à DOB, premier personnage inventé par l’artiste en 1993 et considéré comme son alter ego. Il apparaît aussi bien sous les traits d’une charmante souris dans le style de Mickey Mouse que d’un monstre malicieux ou féroce couvert d’yeux et aux dents acérées.

 – La galerie 10 montre une fresque monumentale présentée pour la première fois à Paris.

Intitulée The Octopus eats its own leg  (2017), elle met en scène des personnages de la mythologie traditionnelle chinoise entourés d’une faune et d’une flore généreuses et merveilleuses. En s’appropriant l’iconographie traditionnelle de la peinture japonaise du 18e siècle combinée au style des grandes fresques historiques, l’artiste livre une version contemporaine des Huit Immortels de la religion taoïste.

– La galerie 11 propose un espace Kawaii, (‘’mignon’’ en japonais) esthétique japonaise que l’artiste s’approprie à travers une pluralité de formes et de supports : sculpture, papiers peint, peinture de fleurs ou encore film d’animation d’inspiration manga.

Le Parcours B, L’homme dans l’univers du vivant, réunit 28 artistes français et internationaux de générations différentes, toutes techniques confondues. Il s’étend sur les trois autres niveaux du bâtiment et à l’extérieur, dans le Grotto.

S’inspirant de l’injonction de Roland Barthes dans  La Chambre claire (1980)  « J’ai décidé de prendre pour guide la conscience de mon émoi », les œuvres s’articulent selon un principe d’affinités sensibles.

Le parcours s’organise autour de trois axes complémentaires présentés chacun sur un niveau du bâtiment Irradiances (Niveau 1) ; Là infiniment (Niveau 0) ; L’Homme qui chavire (Niveau -1).

  •  Irradiances,  au niveau 1, dans les galeries 5, 6 et 7 présente des œuvres de : Matthew Barney, Mark Bradford, Christian Boltanski, Trisha Donnelly, Dan Flavin, Jacqueline Humphries, Pierre Huyghe, Yves Klein, James Lee Byars, François Morellet, Sigmar Polke, Gerhard Richter, Shimabuku et Anicka Yi.

L’intitulé « Irradiances » fait référence au rayonnement de l’œuvre de Dan Flavin et réunit des œuvres aux supports variés : peintures, sculptures, vidéos, installations. Chacune procède d’un dialogue continu avec la nature et explore la matière et ses métamorphoses dont l’ensemble compose un paysage cosmique.

Untitled de Dan Flavin, une de ses premières réalisations en tube fluorescent, dégage une force originelle conférant à la sculpture une vibration particulière.

Alors que les couleurs éclatantes sont rigoureusement structurées dans Lilak (1982) de Gerhard Richter, les deux œuvres de sa série Flow (2013) renvoient au flux de la peinture répandu par le geste de l’artiste et régulé par la pose d’un panneau de verre sur la surface, faisant miroir.

Selon une démarche secrètement alchimique, l’œuvre Nachtkappe I (1986) de Sigmar Polke, est née du mélange inédit de peinture, de jus d’indigo et de vernis à l’alcool.

Water Cast 6 (2015) de Matthew Barneytémoigne de la rencontre explosive du bronze en fusion et de l’eau, générant avec des subtilités d’orfèvrerie, un ensemble de formes abstraites à connotation organique.

L’aquarium de Pierre HuygheCambrian explosion (2014), fait écho à l’explosion du même nom qui marqua l’apparition des grandes espèces animales entre 542 et 530 millions d’années et prend la forme d’un écosystème évoluant de manière autonome.

Le monochrome IKB81  (1957) d’Yves Kleintraduit en direct une « zone de sensibilité picturale » tandis que les éponges RE46(1960) et SE231 (1960) imprègnent la matière vivante du même pigment bleu.

Reports of the rain (2014) de Mark Bradford fédère collage et peinture dans une veine lyrique très musicale.

Faisant écho à la démarche de Polke, Jacqueline Humphries utilise dans l’œuvre Untitled  (2007) de la série « Silver Paintings », une laque industrielle argentée mélangée à de la peinture à l’huile.

La projection verticale de Trisha DonnellyUntitled  (2014), ouvre une brèche mystérieuse sur un ciel de nuages en mouvement.

Dans les sculptures, Halo (1985) et Is (1989), James Lee Byars associe deux matériaux minéraux (cuivre et marbre) à la préciosité de l’or, en quête d’une forme parfaite.

Galerie 6, L’Avalanche (2006) de François Morellet mêle l’ordre et le chaos.

La vidéo 3D d’Anicka YiThe Flavor Genome (2016) (coacquisition avec le Guggenheim Museum, New York), développe un « documentaire fiction » mettant en scène la recherche d’un arôme dans la forêt amazonienne.

Dans Untitled (2008) de Trisha Donnelly, une onde magnétique jaillit du cœur d’une rose aux contours parfaits.

Dans l’Observatoire, The Snow Monkeys of Texas – Do snow monkeys remember snow mountains? (2016), vidéo de Shimabuku, questionne la mémoire et la capacité d’adaptation des espèces vivantes à leur environnement.

En galerie 7, à l’écart, Animitas (2014) de Christian Boltanski se compose d’un film tourné en temps réel en un seul plan fixe, dans le désert d’Atacama au Chili et d’un parterre de fleurs. L’installation originelle se compose de huit cents clochettes japonaises dont le tintement évoque « la musique des astres et la voix des âmes flottantes. » Pour l’occasion, il complète cette présentation avec une enseigne lumineuse composée d’ampoules qui forment le mot « Après ».

  • Là, infiniment…, au rez-de-chaussée, dans la galerie 4, présente des œuvres de Cyprien Gaillard, Wilhelm Sasnal et Adrián Villar Rojas.

À travers l’appropriation d’œuvres mythiques de l’histoire de l’Art, ces trois artistes s’interrogent sur une certaine domination de l’Homme dans l’histoire et sur sa possible disparition.

Inspirée du David de Michel-Ange dont il ne reste, ici, que les jambes, la sculpture en marbre monumentale d’Adrián Villar Rojas, Untitled, From the series Theatre of Disappearance (2017), apparaît comme le seul vestige d’un monde post-apocalyptique.

Avec Bathers in Asnières (2010), Wilhelm Sasnal réinterprète l’œuvre de Seurat à partir de souvenirs liés au contexte de la Pologne en 1939.

Combinant des images en différentes séquences au refrain lancinant d’une musique d’Alton Ellis « I was born a loser » / « I was born a winner », Nightlife (2015) de Cyprien Gaillard propose au spectateur une expérience immersive en 3D.

  • L’Homme qui chavire, au Rez-de-bassin, dans galeries 1, 2 et 3, présente des œuvres de Giovanni Anselmo, Maurizio Cattelan, Ian Cheng, Andrea Crespo, Alberto Giacometti, Dominique Gonzalez-Foerster, Pierre Huyghe, Yves Klein, Mark Leckey, Henri Matisse, Philippe Parreno, Bunny Rogers et Kiki Smith.

Cette séquence s’organise autour du corps dans tous ses états, de ses formes les plus tangibles au plus fantasmées et prend pour point de départ l’Homme qui chavire (1950-1951) d’Alberto Giacometti, autour duquel est présenté un ensemble de quatre autres œuvres de l’artiste : Trois hommes qui marchent I (1948), Buste d’Homme assis (Lotar III)  (1965), Grande femme II (1960). Tandis que Femme de Venise III (1956-1957) est montrée pour la première fois.  A l’entrée de la galerie 1, dans M.2062 (Fitzcarraldo)(2014), Dominique Gonzalez-Foerster fait une « apparition » sous la forme d’un hologramme du personnage Fitzcarraldo, héros d’une fiction de Werner Herzog.

Entrare nell’Opera  (1971), œuvre photographique de Giovanni Anselmo, montre une silhouette absorbée dans un paysage infini.

Dans Nu bleu aux bas verts (1954) d’Henri Matisse, le corps, en papier découpé, est célébré dans l’envol même de la danse.

La sculpture en bronze de Kiki Smith,l’Annonciation (2010), impose une présence mystérieuse.

Dans l’anthropométrie ANT 104 (1960) d’Yves Klein, l’empreinte des corps, « pinceaux vivants », est révélée par le seul pigment bleu.

Ian Cheng dévoile dans le deuxième épisode de sa trilogie, Emissary Forks at Perfection  (2015), une créature entièrement programmée par un logiciel, alternative à l’homme disparu.

Présenté pour la première fois en France, Untitled (Human Mask) (2014) de Pierre Huyghe montre un singe vêtu comme une petite fille portant un masque Nô qui déambule dans un restaurant déserté de Fukushima.

Dans La ballade de Trotski (1996), Maurizio Cattelan identifie l’Homme à un cheval évoquant la fin possible des utopies. Autoportraits de l’artiste en latex, Spermini  (1997), aborde la question du double et du clonage.

Andrea Crespo explore dans son diptyque Self portrait with Phantom Twin (2017), son identité plurielle.

Dans Study for Joan Portrait et Study for Joan Portrait (Silence of the Lambs)  (2016) inspirés du personnage de Jeanne d’Arc de la série télévisée Clone HighBunny Rogers développe une galerie de portraits modélisés.

Philippe Parreno initie et clôt le parcours du rez-de-bassin avec deux vidéos : la première The Writer (2007) -à l’entrée en galerie 1- s’approprie l’un des premiers automates créés au XVIIIe siècle tandis qu’Anywhen (2017) - en Galerie 3 - filme un poulpe réactif à son environnement accompagné d’une bande son inspirée de Finnegans Wake de James Joyce.

À l’extérieur du bâtiment, le gigantesque Felix the cat  (2017) de Mark Leckey est installé dans le Grotto.

les artistes

Giovanni Anselmo (1934, Italie), Matthew Barney (1967, États-Unis), Christian Boltanski (1944, France), Mark Bradford (1961, États-Unis), James Lee Byars (1932-1997, États-Unis), Maurizio Cattelan (1960, Italie), Ian Cheng (1984, États-Unis), Andrea Crespo (1993, États-Unis), Trisha Donnelly (1974 , États-Unis), Dan Flavin (1933-1996, États-Unis), Cyprien Gaillard (1980, France), Alberto Giacometti (1901-1966, Suisse), Dominique Gonzalez-Foerster (1965, France), Jacqueline Humphries (1960, États-Unis), Pierre Huyghe (1962, France), Yves Klein (1928-1962, France), Mark Leckey (1964, Royaume-Uni), Henri Matisse (1869-1954, France), François Morellet (1926-2016, France), Takashi Murakami (1962, Japon), Philippe Parreno (1964, France), Sigmar Polke (1941-2010, Allemagne), Gerhard Richter (1932, Allemagne), Bunny Rogers (1990, États-Unis), Wilhelm Sasnal (1972, Pologne), Shimabuku (1969, Japon), Kiki Smith (1954, États-Unis), Adrián Villar Rojas (1980, Argentine), Anicka Yi (1971, Corée du Sud)

les commissaires

Commissaire général : Suzanne Pagé

Commissaires : Angéline Scherf, Ludovic Delalande et Claire Staebler

Conseiller artistique et scénographe : Marco Palmieri

L'essentiel

Durée moyenne de la visite : 1h30
Du 11 Avril 2018 au 27 Août 2018

Votre visite

Application de visite téléchargeable gratuitement sur votre smartphone iOS et Android ou disponible en prêt au comptoir d’accueil    

Micro-visites : gratuites et sans réservation, durée 15 min, départs de visite toutes les 30 minutes, français

Pour vos enfants : cahier de jeux pour les 7-12 ans & application iPad Archimoi à télécharger gratuitement ou disponibles au comptoir d'accueil

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Takashi Murakami « a.k.a Gero Tan : Noah's Ark » 2016
© 2016 Takashi Murakami/ Kaikai Ki Co.Ltd. All rights reserved © Claire Dorn

Gerhard Richter Lilak 1982
© Gerhard Richter

Wilhelm Sasnal Bathers at Asnières 2010
© Wilhelm Sasnal © Courtesy Foksal Gallery Foundation, Varsovie

Yves Klein Anthropométrie sans titre, (ANT 104) 1960
© Succession Yves Klein c/o ADAGP Paris 2018 © Primae/ Davide Bordes

Pierre Huyghe Untitled (Human Mask) 2014
© Adagp Paris 2018

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