Andy, David Hockney and two unidentified men

  • 1985
  • Andy Warhol
  • Tirage gelatino-argentique
  • 20,8 x 25,9 cm
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Collectionneur compulsif, Andy Warhol conserve et accumule des milliers de tracts, de coupures de journaux, d’autographes, d’invitations à des vernissages et de vêtements portés par ses proches, entre autres objets et documents qui traversent son quotidien. Dans une même logique, il enregistre son activité sociale grâce à son appareil photographique et à son dictaphone, qui l’accompagne partout. Il constitue ainsi un portrait photographique tentaculaire de la scène new-yorkaise des années 1960 à 1980. Ces photographies et enregistrements s’ajoutent aux autres souvenirs qu’il agglomère à partir de 1974 dans des boîtes – les Time Capsules. Ces quelques 600 cartons conservés aujourd’hui au Andy Warhol Museum de Pittsburgh sont autant les archives personnelles de l’artiste que celles de son époque.

On y croise les personnalités en vue dans les sphères mondaine et culturelle – celles qui se côtoient la nuit surtout dans les galeries, les diners et les boîtes de nuit de la capitale. Warhol y croise autant d’artistes tels Ellsworth Kelly ou David Hockney, visibles sur ces clichés, que de riches héritiers, de stars de la musique et de figures de la mode. Warhol passe d’une sphère à l’autre, fidèle l’idée que la dimension démocratique des Etats-Unis s’opère grâce à la large accessibilité aux produits du capitalisme. Dans Ma Philosophie de A a B et vice versa, il écrit en 1977 « Ce qui est formidable dans ce pays, c’est que l’Amérique a créé une tradition où les plus riches consommateurs achètent la même chose que les plus pauvres. On peut regarder la télévision et voir Coca-Cola, on sait que le Président boit du Coca, que Liz Taylor boit du Coca et, pensez-donc, on peut soi-même boire du Coca. Un Coca est toujours un Coca, et même avec beaucoup d’argent, on n’aura pas un meilleur Coca. (…) L’idée d’Amérique est formidable, parce que plus une chose est égale, plus elle est américaine. » Suivant cet idéal, chacun a sa place dans les abondantes archives que Warhol constitue, accédant par là à une postérité garantie.

Crédit artiste : © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2025 Crédit photographique : © Louis Vuitton / Kwa Long Lee

Andy Warhol

Acteur incontournable du Pop Art, Andy Warhol a créé un personnage qui, investissant le cinéma, les écrans de télévision, la culture gay et underground, propulsa la figure de l’artiste au rang d’icône sociale.

D’abord dessinateur de mode, il se consacre à la peinture dès la fin des années 1950, puisant ses modèles dans la presse, la bande dessinée et la publicité. Dès 1962, il adopte le procédé sérigraphique avec la série des Campbell’s Soup et ses portraits de stars (Marylin Monroe, Elvis Presley, Elisabeth Taylor), démultipliant sans fin les mêmes images. Celles-ci reflètent l’imaginaire collectif de la société de consommation, tandis que d’autres séries – les criminels, les accidents, les chaises électriques et même Jackie Kennedy en deuil – dévoilent une Amérique au bonheur traversé par la violence, le sexe et la mort. En 1964, Andy Warhol ouvre la Factory, atelier de production de ses peintures et de ses films, lieu de création mythique où se croisent artistes, poètes, acteurs, égéries, musiciens et collectionneurs. Dès 1963, apparaissent les premiers autoportraits et les Screen Tests, portraits filmés en plan fixe de 3 minutes. Puis viennent, dans les années 1970 et surtout 1980, les portraits de commande de célébrités. Réalisés en direct dans des photomatons ou à l’aide du Polaroid Big Shot, ces portraits au cadrage serré, au regard fixe, fragiles et « pétrifiés », cernent un monde simultanément contemporain et intemporel.

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