Jeff Koons
L’artiste américain Jeff Koons est né en 1955 à York, en Pennsylvanie (États-Unis), et a développé très jeune une passion pour l’art. Enfant, il copiait des tableaux des grands maîtres, les signait de son propre nom et les vendait dans le magasin de son père. Il a étudié au Maryland Institute College of Art à Baltimore (Maryland, États-Unis) et a participé à un programme d’échange à la School of the Art Institute of Chicago (Illinois, États-Unis). Après l’obtention de son diplôme en 1976, il s’installe à New York (État de New York, États-Unis), où il vit et travaille encore aujourd’hui. Pendant un temps, il occupe plusieurs postes de débutant au Museum of Modern Art, où son apparence excentrique et son attitude persuasive au bureau des adhésions marquent durablement les esprits. C’est au cours de cette période qu’il réalise ses premiers assemblages d’objets gonflables et de matériaux industriels, annonçant ses sculptures futures. Il quitte le MoMA en 1979 pour devenir courtier en matières premières à Wall Street, ce qui lui permet d’acquérir la sécurité financière nécessaire à la création de ses premières œuvres majeures.
Koons explore les mécanismes du désir qui régissent la culture visuelle contemporaine à travers des références issues à la fois de la culture savante et de la culture populaire, déhiérarchisées puis revalorisées. À partir de la fin des années 1970, il travaille avec des objets industriels — tels que des aspirateurs ou des nettoyeurs de moquette — qu’il présente dans des vitrines en plexiglas transparent, ravivant ainsi l’esprit du ready-made. Ses premières séries, The New (1980-1987) et Equilibrium (1983-1993), illustrent son attrait pour des compositions spectaculaires, dans lesquelles la charge symbolique des objets supplante leur prétendue trivialité. Les séries Banality (1988) et Celebration (1994-2019) reflètent les intérêts fondamentaux de la pratique artistique de Koons : des œuvres polychromes aux couleurs vives et aux surfaces métalliques réfléchissantes, exaltant le ready-made tout en invitant les spectateurs à y voir leur propre reflet, à se voir littéralement à l’intérieur des œuvres. Par ailleurs, les peintures complexes qu’il réalise depuis les années 1990 — des collages monumentaux saturés de références visuelles, comme dans les séries Easyfun (1999-2000) et Hulk Elvis (2004-) — interrogent l’héritage de l’histoire de l’art et le pouvoir des images dans la culture de masse. Enfin, ses œuvres monumentales dans l’espace public, notamment Puppy (1992) et Split-Rocker (2000), prolongent sa fascination pour l’émerveillement et la théâtralité et lui ont valu une reconnaissance internationale.
Depuis 1980, date de sa première exposition personnelle au New Museum de New York (États-Unis), Koons s’est solidement imposé sur la scène artistique internationale. Ses œuvres figurent dans les collections de musées du monde entier, notamment le Museum of Modern Art et le Solomon R. Guggenheim Museum à New York, la Tate Modern à Londres (Royaume-Uni), le Stedelijk Museum à Amsterdam (Pays-Bas), le Los Angeles County Museum of Art (États-Unis) et le Museum of Contemporary Art de Tokyo (Japon), entre autres. Parmi ses nombreuses expositions, on compte des présentations personnelles au Palazzo Strozzi à Florence (Italie, 2022), à l’Ashmolean Museum d’Oxford (Royaume-Uni, 2019), au Guggenheim Museum Bilbao (Espagne, 2015), au Whitney Museum of American Art à New York, au Centre Pompidou à Paris (France, 2014), au château de Versailles (France, 2013), à la Fondation Beyeler à Bâle (Suisse, 2012) et à la Neue Nationalgalerie à Berlin (Allemagne, 2008), entre autres. En reconnaissance de son action en faveur du renforcement des relations franco-américaines, Koons a été fait officier de l’Ordre national de la Légion d’honneur ; il a également reçu en 2013 la Médaille des arts du Département d’État des États-Unis pour son engagement dans le programme Art in Embassies et les échanges culturels internationaux, confirmant ainsi la portée mondiale de son œuvre.