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La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

Capital

  • 2000
  • Sarah Morris
  • Film Super 16 mm transféré sur DVD, couleur,
  • Durée : 18'18

Capital a été tourné dans les derniers jours de la présidence de Bill Clinton à l'automne 2000. Filmé en 16mm et transféré sur DVD, le film est une plongée au cœur du pouvoir symbolisé par la capitale américaine, ses bâtiments et ses rituels (les conférences de presse de la Maison Blanche, le Pentagone, le ballet du cortège présidentiel). Le processus même du tournage est à comprendre comme une partie intégrante de l'œuvre.

Ce n'est qu'après de nombreuses négociations que Sarah Morris a pu accéder à certains lieux et à une proximité lui permettant de filmer le Président. Parallèlement à des intrusions dans des lieux du pouvoir normalement fermés, le rythme quotidien de la ville (footing, métro...) se montre lui aussi "contaminé" par l'ambiance conspiratrice de la ville. Renforcé par une bande-son répétitive signée par Liam Gillick (compagnon de Sarah Morris et auteur de la musique de tous ses films), ce climat suspicieux est propice à un début d'intrigue. Le film se déroule comme une longue bande-annonce de thriller politique. Dans un entretien Sarah Morris citait l'écrivain J. G. Ballard : "pour créer une fiction, on n'a besoin de rien, tout est déjà là".

Crédit artiste : © Sarah Morris Crédit photographique : © Louis Vuitton / Timo Ohler

Sarah Morris

Depuis la fin des années 1990, Sarah Morris développe à travers ses peintures et ses films une double vision, celle de l’espace urbain et de l’architecture. Peinture et cinéma sont les deux facettes d’une œuvre qui s’est faite miroir d’une hyper-modernité. Ses films s’inscrivent dans un contexte social et urbain précis, mettant en lumière des lieux emblématiques.

La rigueur formelle de la composition, des cadrages, des couleurs ainsi que la dynamique visuelle sont soulignées par la musique de l’artiste Liam Gillick. « Les images de mes films jouent toujours avec les concepts de spectacle, de marchandise, de pouvoir politique ou de pouvoir en général. Les images utilisent (et s’amusent d’) un vocabulaire de propagande de telle sorte que la musique se lie intimement à l’image. Comme pour tous mes films, la musique est écrite par Liam Gillick et n’est pas composée pour les images. Ce que Liam crée, ce sont des unités musicales, une série de modalités autonomes par rapport à la production des images. L’improvisation intervient ainsi à de nombreux niveaux. Tantôt, la musique va contre l’image, tantôt elle accompagne l’image. Cela dépend de moi. Elle fonctionne comme les modalités en psychologie. C’est une sorte d’alchimie. Il y a dans mes films un aspect de « citation », tels des extraits d’un inconscient politique des formes. En un sens, les images vous sont déjà familières, même si vous ne les avez jamais vues. » déclare Morris.

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