Cathedral of the Pines

  • 2014
  • Gregory Crewdson
  • Impression pigmentaire numérique
  • 95,5 x 127,0 cm

Son attirance pour l’étrangeté et le mystère, dissimulés sous le vernis rassurant de l’Amérique des petites villes, apparente son style à celui de David Lynch, notamment dans Blue Velvet, où la caméra s’enfonce dans l’herbe pour dévoiler une oreille humaine coupée, dévorée par des centaines de fourmis. Depuis le milieu des années 1990 et sa série Hover (1996-1997), son travail s’articule autour d’un thème central : l’étude psychologique des désirs, des angoisses et des peurs refoulés, la vie quotidienne de l’Amérique rurale servant de toile de fond. La sobriété et l’austérité qui s’en dégagent ne sont pas sans rappeler le documentaire. Elles contrastent avec les œuvres suivantes de l’artiste, notamment Dream House (2002), plus colorée et détaillée.

Cette série de photos grand format, dans des atmosphères nocturnes et crépusculaires, se déroule au moment de la journée où la raison cède la place à des forces et des énergies obscures, allant jusqu’à pénétrer à l’intérieur du foyer. Depuis, Gregory Crewdson travaille avec une équipe de tournage complète, tel un réalisateur, en planifiant méticuleusement ses productions. Les œuvres de la série Cathedral of the Pines (2014) marquent une étape essentielle en raison de l’intimité dont elles vibrent, cristallisées par les lieux où elles ont été réalisées, liées à la vie du photographe, de sa compagne et collaboratrice Juliane Hiam et de leurs enfants.

Crédit artiste : © Gregory Crewdson Crédit artiste : © Gregory Crewdson Crédit artiste : © Gregory Crewdson

Gregory Crewdson

Gregory Crewdson est né en 1962 à Brooklyn, New York. Il a étudié à l’université de Yale, dans le Connecticut (États-Unis), où il est aujourd’hui professeur et directeur du cursus de photographie. Il vit et travaille entre New York et le Massachusetts.

Gregory Crewdson met en scène ses photographies comme des films, en recourant à des acteurs, des décors, des accessoires, des figurants, des story-boards et des maquilleurs. Il aborde la face sombre du rêve américain ainsi que ses propres problèmes psychologiques. L’artiste est convaincu que seule la photographie reste toujours silencieuse. Il n’y a ni avant, ni après. Les événements qu’elle immortalise ne dévoilent pas leur mystère.

Son travail est exposé et collectionné par de nombreux musées, notamment aux États-Unis : au Museum of Modern Art, Metropolitan Museum of Art, Brooklyn Museum, Whitney Museum of American Art (New York) ; Los Angeles County Museum of Art, San Francisco Museum of Modern Art (Californie) ; ou encore au Smithsonian American Museum (Washington D.C.). En Europe, il a récemment exposé au musée Albertina, à Vienne, en Autriche (2024) ; aux Rencontres de la photographie, à Arles (2023) ; à la Gallerie d’Italia, à Turin, en Italie (2022) ; au Centre d’art contemporain de Toruń, en Pologne (2018) ; ainsi qu’à la Photographer’s Gallery, à Londres (2018).

Lire plus