Horizont mit Lot und Zitrone

  • 2011
  • Katinka Bock
  • Barre en acier, fil d'acier, feutre, bois, sable, ballon plastique, citron,

Crédit artiste : © Katinka Bock Crédit photographique : © Louis Vuitton / Jérémie Souteyrat Crédit artiste : © Katinka Bock Crédit photographique : © Louis Vuitton / Jérémie Souteyrat Crédit artiste : © Katinka Bock Crédit photographique : © Louis Vuitton / Jérémie Souteyrat

Katinka Bock

Diplômée de l’Ecole des beaux-arts de Lyon en 2005, Katinka Bock explore depuis les années 2000 ce qu’elle nomme « l’être-ensemble » à travers des sculptures, des vidéos et des installations mettant l’accent sur la singularité des matériaux et la fragilité de leur coexistence. Ses œuvres découlent toujours d’une expérience liée à un lieu spécifique dont elle sonde les conditions physiques et matérielles tout en explorant leur dimension historique, politique et sociale.

Son travail témoigne également d’une attention particulière à l’échelle humaine, en prenant souvent le corps comme instrument de mesure, comme par exemple avec Horizontal Alphabet (black) (2016), dont le format de chaque brique correspond à l’empreinte d’une main ou d’un pied. Cette recherche se formalise dans des matériaux simples et souvent pauvres, comme du sable, de l’argile, du papier, de la pierre, de la craie, du bois, de l’eau et du métal, choisis pour leurs propriétés physiques. Autant de matières souvent molles et flexibles qu’elle découpe, plie, aplatit et enroule sur elles-mêmes avant de les soumettre à des accidents ou à des phénomènes naturels.

C’est par exemple le cas de Local Colour Balance (2009) et de Miles and Moments (2011). La première, conçue pour son exposition au Skulpturenpark de Cologne, est une sculpture en plein air pour laquelle l’artiste a déposé plusieurs plaques de terre non cuite sur une dalle préexistante, balayées pendant plusieurs semaines par le vent, le soleil, l’humidité et la poussière avant d’être cuites. La seconde, réalisée au cours d’une résidence au Musée d’art contemporain de Détroit, consiste en six rouleaux de terre cuite impactés par des pneus de voitures, tissant ainsi des liens avec le passé industriel et artisanal de Détroit, mais aussi avec la situation géographique du Musée, situé à proximité d’une artère à six voies. Ces deux pièces témoignent du fait que, pour Katinka Bock, l’œuvre n’est jamais une finalité en soi, mais un vecteur pour faire l’expérience du temps et de l’espace.
En agençant ces matériaux entre eux, mais aussi avec des objets du quotidien, comme des lanières, des tissus ou des trépieds, Bock crée des sculptures d’apparences à la fois robustes et délicates, dont l’équilibre semble précaire, comme si elles étaient sur le point de basculer ou de se briser. Refusant ainsi la monumentalité d’une certaine tradition sculpturale, ses pièces se déploient souvent à l’horizontale, « tiennent » tout en s’affaissant légèrement. Elles peuvent néanmoins avoir des échelles importantes et mettre en place des poids conséquents. C’est par exemple le cas de Haltung (2010), pour laquelle l’artiste a accroché à l’aide de fils métalliques une énorme pierre à une table ne tenant que sur deux pieds. La force de cette sculpture réside ainsi dans la mise en tension de réalités opposées, confrontant un élément naturel à un objet façonné à l’échelle du corps humain. Comme dans l’ensemble des œuvres de l’artiste, il s’agit là d’une réflexion sensible sur les rapports qui se nouent entre les êtres et les choses, entre soi et l’autre. 

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