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La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

Installation suspendue en forme de dirigeable organique, décorée d'ombrelles et de plumes, avec de petites figurines au sol.

In an unnatural storm a world fertile [...] hope to alter what could not be warm

  • 2008
  • Rina Banerjee
  • Dôme en acier, fauteuil en bois, coton, coquillages, autels en bois, fioles de médicaments en verre ambré, lustre en fil de fer, lustre en verre, œufs d'autruche, gourdes sèches et creuses, globes en papier et en plastique, œufs en plastique, perles de verre ambré, éventails en plumes de pigeon blanc, plumes de pigeon gris, parapluies chinois, luminaires en laiton, figurines miniatures d'animaux en plastique et en bois, cornes en céramique noire
  • 700,0 x 400,0 x 400,0 cm

Cette sculpture monumentale suspendue représente un dôme recouvert de tulle et de plumes, comme une montgolfière sur laquelle est fixée une profusion d’éléments parfois factices : un chandelier qui s’allume, un « confident », des petits autels en bois tourné, une mappemonde, des boules de verre ciselées, des ombrelles et éventails de plumes blanches et grises, des coloquintes… Au sol : un chemin de coquillages, de fioles de verre blanc et de couleurs, des bouteilles, et deux figurines d’antilopes.

L’oeuvre s’inspire de deux narrations : Le tour du monde en 80 jours, le roman de Jules verne qui raconte la course autour du monde d’un gentleman anglais, rendu possible grâce à la révolution des transports qui marque le XIXe siècle (chemin de fer, bateau à vapeur) et la légende du Taj Mahal, récit de l’extraordinaire histoire d'amour entre l'empereur Shah Jahan et une simple « inconnue » à l’origine de la construction de ce monument emblématique de l'Inde, mausolée d'une beauté stupéfiante.

La sculpture – entre terre et ciel– suspendue telle une chaine d’objets collectés un peu partout renvoie à la mondialisation actuelle. L’architecture du dôme - utilisée de manière récurrente par l’artiste – symbolise cette globalisation. Le foisonnement et l’exubérance des éléments juxtaposés sont comme autant d’objets « trouvés » aux quatre coins du monde, illustrant les notions de voyage, de nouveauté et de découverte sur lesquelles elle s’appuie pour parler du cosmopolitisme à travers la consommation. Si cette abondance prend la forme d’un jardin édénique, il en explore aussi les conflits sous-jacents évoqué par le « fauteuil conversation » (ou « confident ») accrochée au dôme. Alors qu’il permet à deux personnes de chuchoter dans une proximité physique, leurs regards ont des directions opposées.

Crédit artiste : © Rina Banerjee Crédit photographique : © Louis Vuitton / Jérémie Souteyrat Crédit artiste : © Rina Banerjee Crédit photographique : © Louis Vuitton / Jérémie Souteyrat

Rina Banerjee

Rina Banerjee née à Calcutta, émigre très tôt avec sa famille en Angleterre, puis aux États-Unis. Ingénieure de formation, elle démarre une carrière scientifique avant de se consacrer pleinement à l’art après un diplôme des beaux-arts à l’Université de Yale (USA).
Marquée par ses deux cultures, son œuvre s’intéresse au thème de la migration au travers d’une réflexion sur la mémoire, la culture, le local et le global. Ses sculptures sont des compositions hybrides, où sont mis en scène des objets aussi disparates que des arêtes de poissons, des plumes, des coquillages, des œufs, des souvenirs ethnographiques, des vêtements indiens traditionnels ou des objets de style colonial. Ses dessins aux techniques variées, interrogent notamment la féminité et témoignent de son goût pour le métissage. 

L'intérêt de Rina Banerjee pour le rôle des cultures, des mythologies, de l'ethnographie fait écho au monde d’aujourd’hui où la mobilité, le tourisme et l’exotisme sont désormais à portée de main, provoquant un éparpillement des peuples et la dissolution des cultures. Sa première rétrospective au Etats-Unis en 2O19 (Pennsylvania Academy of the Fine Arts, Philadelphia et San José Museum of Art) : Make Me a Summary of the World rendait compte de l’écho de son travail avec les problèmes actuels : immigration et identité, héritage du colonialisme et mondialisation, écologie.

L’imaginaire qui imprègne son travail se retrouve dans le titre de ses œuvres, des micro récits où s’exprime sa pensée. Leurs syntaxes longues lui permettent de jouer avec la langue, tout comme elle joue avec les matériaux, organiques ou industriels. 

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