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La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

Les Oiseaux

  • 2008
  • Laurent Grasso
  • Film 16mm transféré sur DVD, couleur, diffusé sur moniteur Brionvega, sonore

À la fin des années 1950, Andy Warhol s’impose comme un illustrateur publicitaire reconnu, ce qui lui assure des revenus stables et lui permet de consacrer du temps à sa pratique artistique parallèle. Dès son arrivée à New York en 1949, il cherche activement à exposer dans des galeries et à intégrer des collections muséales, allant même jusqu’à proposer une œuvre au Museum of Modern Art, qui refuse toutefois son don.

Les Unidentified Male sont caractéristiques des dessins au trait sensible qu’il produit alors en profusion et qu’il soumet à plusieurs galeries. La plupart sont réticentes, refusant d’exposer une œuvre figurative aussi chargée de sensibilité, tandis que la vogue de l’abstraction est à son paroxysme. Plusieurs galeristes se montrent également frileux quant aux sujets souvent homoérotiques, plus ou moins suggestifs, croqués par Warhol. A l’époque, il esquisse compulsivement les nombreux jeunes hommes dont il croise le chemin, traçant d’une ligne claire et efficace leurs visages aux longs cils et aux lèvres pulpeuses, se concentrant souvent sur des fragments de leurs corps fétichisés – pieds, fesses, torse ou parties génitales. Les attributs dont il les accommode parfois – hirondelle dessinée sur une feuille d’or et autres oiseaux notamment – renvoient directement aux dessins qu’il produit alors en tant qu’illustrateur commercial.

Crédit artiste : © Adagp, Paris, 2013 Crédit photographique : Courtesy galerie Chez Valentin, Paris

Laurent Grasso

Par le biais de différents médiums incluant vidéo, photographie, peinture, néon ou installation sonore, Laurent Grasso produit un corpus d’œuvres qui trouve son articulation à travers la mise en scène de ses expositions. Déambulations labyrinthiques, dispositifs architecturaux et effets électriques ou acoustiques entrainent une perte de repères, un déséquilibre et un trouble chez le spectateur recherché par l’artiste dont l’œuvre entretient depuis ses débuts un caractère mystérieux.

Avec Mes actrices (1999), il filme à leur insu des jeunes femmes dans la rue ou dans le métro usant des clichés cinématographiques ou publicitaires afin de faire de ces héroïnes anonymes de potentiels personnages de fiction tandis que pour Soyez les bienvenus (1999) une caméra tourne au ralenti autour d’une foule en cercle en train d’observer une action jamais dévoilée.

Laurent Grasso construit ses images à partir d’un manque, partant de situations réelles, il les détourne pour s’éloigner de toute dimension documentaire. L’histoire de la science mais aussi des scientifiques (Nikola Tesla, Alexander Graham Bell, Jeremy Bentham) fournissent à l’artiste un répertoire privilégié de formes, de motifs et de thèmes au même titre que la fiction littéraire et cinématographique, l’astronomie, la mythologie et les peurs ancestrales.

HAARP est un champ d’antenne inspiré de la base militaire éponyme situé à Gakona en Alaska. Installation spectaculaire, ce dispositif construit comme une forêt de fils et d’antennes, prend l’apparence d’une centrale électrique, véritable objet de science-fiction. Horn Perspective est une réplique réduite de l'antenne Horn, qui capta pour la première fois le bruit fossile du big bang, dans les années soixante et dont la forme évoque une caméra obscura ou une chambre de projection. Médium privilégié, les films de Laurent Grasso sont comme de longs travellings hypnotisant sur des paysages urbains (Radio Ghost), désertique (On Air) ou maritime (The Silent Movie).

Laurent Grasso pratique également la peinture. Manipulant les temporalités entre passé, présent et futur, l’artiste introduit des éléments anachroniques – citant parfois ses propres œuvres vidéos - dans une série de peintures au style et à la facture inspirée par les maîtres flamands et italiens de la Renaissance. Subtile et déroutante, Studies into the Past participe à l’ambition de Laurent Grasso de créer une « fausse mémoire historique ». 

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