Kader Attia
Né de parents algériens, Kader Attia passe son enfance entre la banlieue parisienne et Alger. Ses allers et retours, ses séjours au Congo Brazzaville et au Venezuela, sa double formation en philosophie et beaux-arts ont un impact déterminant sur son travail, qui s’intéresse aux relations entre la pensée occidentale et les cultures extra-occidentales, aux rapports complexes, culturels et esthétiques, économiques et politiques, entre l’Orient et l’Occident.
Ses premières œuvres abordent les questions d’identité et de différences sexuelles dans la communauté d’immigrés (La piste d’atterrissage, 2000-2002, diaporama sur des transsexuels algériens exilés à Paris, Shadow, 2003, vidéo subversive qui montre une danse du ventre exécutée par un homme) et examinent aussi l’impact de la société de consommation sur les pratiques religieuses (Hallal, 2004, Tawaaf, 2008).
Par la suite, ses œuvres liées à l’architecture et à l’espace public font naître « une poétique urbaine plus abstraite ». L’esthétique moderniste se teinte alors d’une critique sociale avec Arabesque (2006), Skyline (2007), paysage de réfrigérateurs/gratte-ciels recouverts de petits carrés de miroirs, ou encore Holy Land (2007-2010), un cimetière de miroirs installé face à la mer sur une plage des Canaries , évoquant à la fois les miroirs du Yucatan de Robert Smithson et les illusions perdues de nombreux immigrés.
À travers ce « minimalisme allégorique » toujours plus affirmé (Oil and Sugar, 2007, Concrete Blocks, 2008, Narcisso, 2012) et des œuvres qui engagent le corps et l’architecture (Kasbah, 2009 , History of Reappropriation, 2010), Kader Attia développe d’ambitieux projets, comme à documenta 13 (2012) ou Marseille 2013.