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La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

Points on a Line

  • 2010
  • Sarah Morris
  • vidéo, couleur, musique de Liam Gillick
  • Duration : 35'44

Point on a line est un portrait croisé de Mies Van der Rohe (1886-1969) et de Philip Johnson (1906-2005) par le biais de leurs architectures. Le premier, dernier directeur du Bauhaus, exilé aux États-Unis, est considéré comme un des pères de l'architecture moderne. Le second, d'abord conservateur au MoMA, s'est affirmé comme un des plus grands promoteurs du style international initié par Mies van der Rohe. Européen, Mies van der Rohe a profondément modifié l'architecture et le mode de vie américain par ses bâtiments. Personnalité complexe, ouvertement fasciste dans sa jeunesse, Johnson a lui étudié, "copié" et dépassé le modernisme historique, ne reculant pas à la fin de sa carrière à contribuer au mouvement post-moderne (ATT Building, 1984).

C'est à partir d'une commande du National trust for historic preservation que l'artiste a approché les deux hommes à partir de leurs travaux les plus connus : La Farnsworth House achevée en 1951 par Mies van der Rohe à Plano dans l'Illinois et la Glass House construite en 1949 par Philip Johnson pour son propre usage en 1949 à New Canaan Connecticut. Les deux sites dépendent du même organisme de préservation du patrimoine. D'autres architectures, "personnages secondaires" de l'intrigue sont ensuite venus se mêler : le Lake Shore Drive de Chicago conçu par Mies van Der Rohe, le Seagram Building de New York pour lequel les deux hommes ont collaboré et dans lequel Johnson a signé le restaurant du Four Seasons, mais aussi le complexe construit par Johnson autour de la Glass House. C'est dans cette résidence qu'est conservée la collection qu'il a constituée avec son compagnon David Whitney.

Fidèle au style lisse et implacable de Sarah Morris, le film aligne dans un montage linéaire, sans points d'acmé, plusieurs détails des bâtiments – référence à Kandinsky, le titre du film se retrouve également dans ce montage sans syncope –. La musique signée une fois de plus par Liam Gillick suit le même rythme, celui d'une progression constante. Si l'on retrouve des images de bâtiments (particulièrement les vues du Seagram Building) qui rappellent les portraits de ville de Sarah Morris, le film n'exclue pas un caractère documentaire. Des documents relatifs au procès entre Mies van der Rohe et son client, le docteur Farnsworth, sont filmés, tout comme des archives abordant le cercle artistique, économique et politique qui gravitait autour de Johnson. 

Crédit artiste : © Sarah Morris Crédit photographique : Courtesy Galerie Air de Paris, Paris

Sarah Morris

Depuis la fin des années 1990, Sarah Morris développe à travers ses peintures et ses films une double vision, celle de l’espace urbain et de l’architecture. Peinture et cinéma sont les deux facettes d’une œuvre qui s’est faite miroir d’une hyper-modernité. Ses films s’inscrivent dans un contexte social et urbain précis, mettant en lumière des lieux emblématiques.

La rigueur formelle de la composition, des cadrages, des couleurs ainsi que la dynamique visuelle sont soulignées par la musique de l’artiste Liam Gillick. « Les images de mes films jouent toujours avec les concepts de spectacle, de marchandise, de pouvoir politique ou de pouvoir en général. Les images utilisent (et s’amusent d’) un vocabulaire de propagande de telle sorte que la musique se lie intimement à l’image. Comme pour tous mes films, la musique est écrite par Liam Gillick et n’est pas composée pour les images. Ce que Liam crée, ce sont des unités musicales, une série de modalités autonomes par rapport à la production des images. L’improvisation intervient ainsi à de nombreux niveaux. Tantôt, la musique va contre l’image, tantôt elle accompagne l’image. Cela dépend de moi. Elle fonctionne comme les modalités en psychologie. C’est une sorte d’alchimie. Il y a dans mes films un aspect de « citation », tels des extraits d’un inconscient politique des formes. En un sens, les images vous sont déjà familières, même si vous ne les avez jamais vues. » déclare Morris.

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