Pyongyang II

  • 2007
  • Andreas Gursky
  • Diptyque : Tirage couleur chromogène sous Diasec
  • 209,0 x 259,0 cm chaque
illustration

La même artificialité spectaculaire se retrouve dans la série Pyongyang (2007). Pour la réaliser, le photographe s’est rendu au Festival Arirang qui se tient chaque année pour célébrer le dictateur de la Corée du Nord, Kim Il Sung. Les gymnastes et les enfants dûment enrégimentés exécutent des figures géométriques réglées au millimètre qui sont aussi précises que kitsch. La démesure des moyens techniques et humains qui caractérise ces démonstrations leur donne un aspect irréel encore renforcé par le point de vue surélevé que Gursky adopte fréquemment quand il entend dramatiser ses images et en renforcer l’aspect spectaculaire. 

Crédit artiste : © Andreas Gursky / Courtesy Sprüth Magers / ADAGP, Paris 2022 Crédit photographique : © Primae / Louis Bourjac

Andreas Gursky

Né en 1955 dans une famille de photographes, Andreas Gursky a étudié la photographie à la Kunstakademie de Düsseldorf. Le regard détaché et objectif sur la société post-industrielle de ses maîtres Bernd et Hilla Becher a profondément influencé son travail centré depuis les années 1980 sur la confrontation entre une société contemporaine avide de spectacle et les nombreux défis nouveaux qui en découlent.

À partir des années 1990, ses séries dressent un inventaire des lieux emblématiques de la vie sociale mondialisée : supermarchés, gratte-ciels, usines, parkings, rassemblements festifs et sportifs. Construites sur des lignes de force, parfois définies au sein même du chaos d’une foule ou d’une décharge, ses œuvres témoignent d’une approche paradoxale où l’emprise évidente de l’homme sur son environnement traduit également la violence de la contrainte sociale subie par les individus. L’un des premiers photographes à recourir à l’informatique au début des années 1990, Gursky manipule a posteriori ses clichés, n’hésitant pas à effacer, dupliquer, atténuer ou rehausser des segments entiers de l’image d’origine. Avec leur composition rigoureuse et leur grand format, ses œuvres se présentent comme des tableaux-photographiques figeant le temps, où la multiplication et la netteté des détails touchent paradoxalement à l’abstraction. Loin d’être conçue comme un simple reflet de la réalité, l’image est construite par Gursky comme un objet obéissant à sa propre logique esthétique.

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