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La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

Real Remnants of Fictive Wars V

  • 2004
  • Cyprien Gaillard
  • Film 35 mm transféré sur DVD, couleur
  • Durée : 14 min 24 sec

Traduisible par "restes réels de guerre fictives", cette série de cinq films réalisée en 2004 par Cyprien Gaillard montre des paysages pittoresques animés par des explosions de fumée. Les nuages provoqués par l'artiste proviennent d'extincteurs à poudre dont le déclenchement amène une perturbation dans l'image. L'artiste parle de "vandalisme" pour évoquer ce geste dont les traces dans la nature sont nocives et sans finalité. Chaque épisode se déroule dans un paysage différent.

Le deuxième volet est situé à la sortie d'un tunnel de chemin de fer. De ce site, qui évoque la peinture du XIXe siècle, une masse atmosphérique blanche s'évade avant de remplir tout l'écran. Amenée en fondu-enchaîné, la seconde partie du film saisit la même explosion, mais dans un plan plus large, en contre-plongée. Passé à l'envers, le film semble alors figurer un paysage impressionniste de gorges avant que la fumée ne se résorbe dans le tunnel.

Le cinquième volet est, lui, un travelling aller-retour depuis un balcon à balustrade XVIIIe et en direction d'un jardin à l'anglaise. C'est dans un arbre situé au premier plan que l'explosion est déclenchée. Pendant le mouvement de caméra, l'arbre est progressivement noyé de blanc avant d'apparaître comme brûlé. 

Dans les deux cas, l'usage de la pellicule argentique pour réaliser ces films est une citation des films de Robert Smithson qui avait développé dans le cinéma un rapport d'équivalence avec ses interventions dans la nature. Mais elle s'explique également par le souhait d'utiliser une technologie en phase d'obsolescence avec l'avènement du numérique.

Crédit artiste : © Cyprien Gaillard

Cyprien Gaillard

Après une enfance passée aux États-Unis, Cyprien Gaillard a étudié à l’École Cantonale d'Art de Lausanne.

Lauréat du Prix Marcel Duchamp en 2010, il est actuellement l'un des artistes les plus marquants de la jeune génération française. Qu’il réactualise le Land Art en filmant des extincteurs déversant de la neige carbonique en pleine nature ou qu’il enregistre la destruction de grands ensembles, son travail, fondé sur des télescopages temporels, peut se lire comme une archéologie du futur où le présent est projeté vers son entropie. Habitée par une tendance que l’artiste qualifie lui-même de « vandalisme », son œuvre, sous forme de sculptures, vidéos, gravures, photographies et interventions dans l’espace public, fait affleurer tant les réalités socio-politiques contemporaines qu’une beauté née du choc brutal de ces réalités.

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