Steven Parrino
Actif entre la fin des années 1970 jusqu’à sa mort prématurée dans un accident de moto en 2005, Steven Parrino était peintre et musicien, tout en pratiquant la vidéo et la performance. Arrivé sur la scène artistique new-yorkaise à un moment où la peinture avait été déclarée « morte », il adopte une méthode qu’il qualifie de « nécrophile » pour continuer à interroger le médium pictural et lui redonner existence, en en poussant les limites et les possibilités. Parrino bouscule les frontières traditionnelles entre peinture et sculpture, entre low et high culture.
À partir de 1981, il développe parallèlement trois séries de peintures monochromes : les Bent paintings (« peintures courbées »), les Slot paintings (« peintures à fente ») et les plus célèbres, les Misshaped canvases (« toiles déformées »). Les trois séries se différencient par la nature de leur support : du carton ondulé et légèrement plié pour les Bent, des formats carrés ou rectangulaires, toujours percés, pour les Slot et, pour la troisième série, des toiles froissées et altérées par des manipulations. À côté de ces panneaux unicolores, il pratique le dessin et le collage où ses références à la culture populaire deviennent explicites – la bande dessinée, les séries télévisées, le hot rod, les bikers, les films de série B et le cinéma de science-fiction et d’horreur.
Bien que les influences de Parrino soient variées, parfois éloignées, l’artiste revendique une nature exclusivement picturale pour ses œuvres, même quand celles-ci sont dépourvues de châssis et abandonnées au sol. La violence du geste sur le support et ses effets affranchissent ces toiles de l’héritage minimal et conceptuel d’une certaine peinture monochrome encourageant une vision plus ample