The Shadow

  • 1981
  • Andy Warhol
  • Sérigraphie sur carton muséal.
  • 96,5 x 96,5 cm
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The Shadow était un personnage de fiction populaire dans les Etats-Unis du XXe siècle. Apparu pour la première fois à la radio dans les années 1930, il était ensuite devenu le personnage central d’une bande dessinée. En 1981, Warhol l’inclut dans une série d'estampes intitulée « Myths » aux côtés de Superman, de Santa Claus, de Uncle Sam et de la sorcière du Magicien d’Oz, entre autres. S’il affuble des modèles de costumes pour incarner la plupart des personnages, c’est par sa propre ombre, dénuée de tout accessoire, qu’il choisit de personnifier The Shadow. Indépendamment de ce portfolio, Warhol réutilise les photographies produites pour les « Myths » et en tire des autoportraits en soi. Dans ces derniers, la majeure partie de l’espace pictural est occupée par l’ombre portée du visage de l’artiste, projetée par une violente lumière provenant du coin droit de l’hors-champ. Au centre de la composition, cette ombre, fantôme de l’artiste vidé de sa substance, devient protagoniste. Ainsi naît l’un des derniers avatars de Warhol qui livrait en 1985 dans America « Je voudrais que ma propre pierre tombale soit vierge. Pas d’épitaphe, pas de nom. Ou si, en fait j’aimerais qu’on y lise : « fiction ».

L’intérêt de Warhol pour l’ombre portée comme sujet de l’art s’inscrit dans la lignée de l’imposante série des Shadows dans laquelle il se lance en 1978. Cette série constitue l’une de ses quelques expérimentations abstraites. L’ombre comme protagoniste du tableau et le jeu confrontant cliché positif et cliché négatif est repris dans cet autoportrait de 1981. Nombre de critiques d’art avaient vu dans la série des Shadows un autoportrait abstrait de l’artiste, matérialisé par la mise en avant de coups de raclette marqués. La grande picturalité de ces toiles semblait réintégrer la trace de la main de Warhol (et de ses assistants) dans son œuvre. Quoi qu’on en pense, Warhol concrétise pleinement dans The Shadow la dimension autobiographique de sa série des ombres en donnant à celle de son profil la place centrale de la composition.

Crédit artiste : © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2025 Crédit photographique : © Louis Vuitton / Kwa Long Lee

Andy Warhol

Acteur incontournable du Pop Art, Andy Warhol a créé un personnage qui, investissant le cinéma, les écrans de télévision, la culture gay et underground, propulsa la figure de l’artiste au rang d’icône sociale.

D’abord dessinateur de mode, il se consacre à la peinture dès la fin des années 1950, puisant ses modèles dans la presse, la bande dessinée et la publicité. Dès 1962, il adopte le procédé sérigraphique avec la série des Campbell’s Soup et ses portraits de stars (Marylin Monroe, Elvis Presley, Elisabeth Taylor), démultipliant sans fin les mêmes images. Celles-ci reflètent l’imaginaire collectif de la société de consommation, tandis que d’autres séries – les criminels, les accidents, les chaises électriques et même Jackie Kennedy en deuil – dévoilent une Amérique au bonheur traversé par la violence, le sexe et la mort. En 1964, Andy Warhol ouvre la Factory, atelier de production de ses peintures et de ses films, lieu de création mythique où se croisent artistes, poètes, acteurs, égéries, musiciens et collectionneurs. Dès 1963, apparaissent les premiers autoportraits et les Screen Tests, portraits filmés en plan fixe de 3 minutes. Puis viennent, dans les années 1970 et surtout 1980, les portraits de commande de célébrités. Réalisés en direct dans des photomatons ou à l’aide du Polaroid Big Shot, ces portraits au cadrage serré, au regard fixe, fragiles et « pétrifiés », cernent un monde simultanément contemporain et intemporel.

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