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La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

Umthwakazi

  • 2016
  • Hlobo Nicholas
  • Bois, cuir et rubans
  • 88,9 x 627,4 x 238,8 cm

Diplômé de peinture de l’université Technikon Witwatersrand de Johannesburg en 2002, Nicholas Hlobo a construit son œuvre en affirmant son identité et son expérience d’homme noir, homosexuel, appartenant à la culture xhosa. Il s’approprie les traditions orales, les croyances et les rites de cette communauté en y intégrant les enjeux liés au genre. Hlobo s’affranchit des codes sociaux et formels avec des œuvres où la préciosité se mêle à la violence et l’élégance à la brutalité à travers les matériaux utilisés – soie, satin, rubans, cuir, caoutchouc, tubes pneumatiques, bois. Jouant sciemment du décoratif, il renouvelle une certaine tradition de la sculpture par un vocabulaire organique, aux connotations sexuelles explicites mêlant masculin et féminin.

Longue de plus de huit mètres, son installation Ndize : Tail (2010) est emblématique de ces hybridations. En xhosa, Ndize désigne celui qui cherche dans le jeu de cache-cache. L’œuvre est composée de rubans soutenus par une structure en caoutchouc qui se répand au sol sous la forme de petites balles, comparables selon l’artiste aux miettes lâchées par Hansel et Gretel dans la forêt. Posée au sol, composée d’un tronc d’arbre trouvé en forme de baleine duquel s’échappent des lanières en cuir, Umthwakazi (2016) (« jeune femme »), évoque à la fois les mondes océanique et organique, la vie et la mort.

Crédit artiste : © Nicholas Hlobo Crédit photographique : © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Hlobo Nicholas

Né en 1975 au Cap, Nicholas Hlobo est diplômé de peinture de l’université Technikon Witwatersand de Johannesburg en 2002. Son travail s’inscrit dans le contexte particulier d’un pays, l’Afrique du Sud, qui expérimente depuis peu une situation fragile et toujours mouvante de démocratie tentant d’éradiquer les discriminations de genres, d’ethnicités et de religions. La personnalité de Nicholas Hlobo, constituée d’identités multiples, a priori contradictoires, se construit à partir de sa propre expérience d’homme noir, homosexuel, appartenant à la communauté Xhosa . Dans ses œuvres l’artiste s’approprie les traditions orales, les croyances et les rites de passage de son ethnie y insufflant les problématiques de race et de genre inhérente à sa communauté. Inspirés des mythes et chansons de son enfance, les titres de ces œuvres opèrent comme les gardiens du temple de sa langue natale fagilisée par les anglicismes toujours plus présents. 

Au cœur de son atelier, Nicholas Hlobo assemble inlassablement des fragments de tube pneumatique en caoutchouc noir, de cuir, de textile, de bois ou de toiles vierges à l’aide de rubans de satin multicolores. Cousant au gros point de surfil, il dessine des arabesques et des lignes sinueuses, abstraites et colorées. Contrastant avec une certaine tradition de la sculpture, ces formes suspendues, molles et lourdes, renvoient à un vocabulaire anthropomorphe ou plus animal. La sensualité et la violence contenue de ces sculptures – aux connotations explicitement sexuelles voire sado-masochistes – sont contrebalancées par des formes où le féminin et le masculin fusionnent mais aussi à travers leur activation par la présence « chamanique » de l’artiste ou de performers. Les matières brutes sont à la fois évocatrices d’un certain environnement urbain et révélatrices d’un contexte de pauvreté et de violence lié leur à l’utilisation lors d’événements beaucoup plus tragiques (necklacing) . 

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