Untitled #250

  • 1992
  • Cindy Sherman
  • Photographie couleur
  • 127,0 x 190,5 x 0,3 cm
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Encore une fois, le corps est au centre de ces images. Mais l’artiste en est totalement absente. Pour composer ses étranges « natures mortes » mêlant féminin et masculin, elle utilise des fragments de mannequins : troncs, ventres, jambes, bras, organes génitaux... Montrant une sexualité aussi explicite que déshumanisée, elle frôle le grotesque – comme ce boudin sorti de la vulve poilue d’une vieille femme terrifiante (Untitled #250) – et réduit les corps à des orifices béants. L’influence surréaliste est prégnante, le contexte politique d’une Amérique puritaine, alors même que le sida fait rage, l’est encore davantage. Parfois, certains fragments de corps sont peints, jouant sur l’ambiguïté entre le vivant et l’inorganique. Ainsi du baiser entre deux masques (Untitled #305) présenté dans la salle suivante, où l’on ne discerne plus le faux du vrai. Quelques années plus tard, l’artiste a de nouveau recours à des poupées désarticulées qu’elle manipule dans tous les sens. Clin d’oeil à Hans Bellmer, mais aussi cruauté et perversité de l’enfant qui joue à torturer ses poupées et transforme des objets transitionnels en jouets érotiques.

Crédit artiste : © 2020 Cindy Sherman Crédit photographique : © Primae / Louis Bourjac

Cindy Sherman

Née en 1954, vivant et travaillant à New York, Cindy Sherman a développé depuis la fin des années 1970 une œuvre consacrée à la mise en scène de sa propre personne, un travail dont le succès et la notoriété ont dépassé le strict champ de l’art. Paradoxalement, c’est en disparaissant derrière masques et costumes, maquillage et trucages que Sherman est devenue une icône, bousculant l’idée même du portrait.
Cindy Sherman associe les personnages de ses photographies à des rôles qu’elle incarne.

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