Untitled #256
- 1992
- Photographie couleur
- 160,7 x 113,9 cm
Encore une fois, le corps est au centre de ces images. Mais l’artiste en est totalement absente. Pour composer ses étranges « natures mortes » mêlant féminin et masculin, elle utilise des fragments de mannequins : troncs, ventres, jambes, bras, organes génitaux... Montrant une sexualité aussi explicite que déshumanisée, elle frôle le grotesque – comme ce boudin sorti de la vulve poilue d’une vieille femme terrifiante (Untitled #250) – et réduit les corps à des orifices béants. L’influence surréaliste est prégnante, le contexte politique d’une Amérique puritaine, alors même que le sida fait rage, l’est encore davantage. Parfois, certains fragments de corps sont peints, jouant sur l’ambiguïté entre le vivant et l’inorganique. Ainsi du baiser entre deux masques (Untitled #305) présenté dans la salle suivante, où l’on ne discerne plus le faux du vrai. Quelques années plus tard, l’artiste a de nouveau recours à des poupées désarticulées qu’elle manipule dans tous les sens. Clin d’oeil à Hans Bellmer, mais aussi cruauté et perversité de l’enfant qui joue à torturer ses poupées et transforme des objets transitionnels en jouets érotiques.
Crédit artiste : © 2020 Cindy Sherman Crédit photographique : © Primae / Louis