Alberto Giacometti - Sélection d'œuvres de la Collection

Hors Les Murs Du 23.02.2023 au 25.06.2023

Courtesy of the Fondation Louis Vuitton. © Succession Alberto Giacometti (Fondation Giacometti, Paris + ADAGP, Paris) 2021

Lieu
Espace Louis Vuitton Osaka
Louis Vuitton Maison Osaka Midosuji 5F
2-8-16, Shinsaibashi-suji
Tél.
+81 3 3515 0855
Horaires
12:00 - 20:00

L’Espace Louis Vuitton Osaka a le plaisir d’annoncer l’ouverture d’une exposition consacrée au grand artiste Alberto Giacometti. Cette présentation s’inscrit dans le cadre du programme « Hors-les-murs » de la Fondation Louis Vuitton, qui présente des œuvres de la Collection au sein des Espaces Louis Vuitton de Tokyo, Munich, Venice, Beijing, Seoul et Osaka et témoignant ainsi de la volonté de la Fondation de réaliser des projets internationaux et de les rendre accessibles au grand public.

Né en Suisse en 1901, Alberto Giacometti déménage ensuite à Paris en 1922. Il s’installe dans le quartier de Montparnasse, où il vivra et travaillera jusqu’à sa mort en 1966.

Malgré la reconnaissance presque immédiate de son travail, et ses liens d’amitié avec plusieurs personnalités telles qu’André Breton, Georges Bataille, André Masson et Michel Leiris, Alberto Giacometti s’est rapidement désintéressé des objets surréalistes qui l’ont rendu célèbre pour se consacrer au modèle vivant. Cette rupture solitaire, où il « n’avait pas d’autre objectif que d’essayer d’assembler une tête humaine », le conduit à s’éloigner de toute subordination envers un mouvement, pour préférer revenir aux sources de sa créativité. Fort de ses connaissances en matière d’art préhistorique, égyptien antique, sumérien et grec archaïque, il associe son expérience quotidienne du modèle aux formes intemporelles de modèles anciens.

À partir de 1935, il se consacre exclusivement au modèle vivant, devenu le seul et unique sujet d’obsession de son œuvre. En parallèle, il commence à s’intéresser aux ratios d’échelle ainsi qu’à la façon dont les sculptures occupent et activent l’espace autour d’elles. Dans les années 1950, ses corps s’affinent et se réduisent aux lignes essentielles de leur existence précaire : « [...] un homme marchant dans la rue ne pèse rien, il est bien plus léger que s’il était mort ou inconscient. Il est en équilibre sur ses jambes. Son poids ne se ressent pas. C’est inconsciemment ce que je cherchais à reproduire... Cette légèreté, en affinant mes silhouettes... » (entretien avec Jean Clay, 1963).

Alberto Giacometti éprouve un sentiment d’échec permanent face à son incapacité à reproduire ses modèles tels qu’il les perçoit. Il atteint une simplification extrême qui, paradoxalement, orchestre une émergence surprenante de la sculpture. Au-delà d’une expression émotionnelle, l’artiste impose une approche optique de ses œuvres, par exemple des points ou des lignes dans un espace dense. Comme l’a fait remarquer Jean Genet, « leur beauté [des sculptures de Giacometti] me paraît tenir dans cet incessant et ininterrompu va-et-vient de la distance la plus extrême à la plus proche familiarité : ce va-et-vient n’en finit pas et c’est de cette façon qu’on peut dire qu’elles sont en mouvement ».

Pour sa troisième exposition, l’Espace Louis Vuitton Osaka présente sept sculptures emblématiques d’Alberto Giacometti, appartenant à la Collection : Tête sur tige (1947), Trois hommes qui marchent (1948), Femme de Venise III (1956), Grande Femme II (1960) et Têtes d’homme (Lotar I), (Lotar II) et (Lotar III) (1964-65).

Ces œuvres, considérées comme des chefs-d’œuvre majeurs d’Alberto Giacometti, rendent hommage à la virtuosité de cet artiste suisse iconique. 

L'artiste

Alberto Giacometti

Né à Borgonovo (Suisse) le 10 octobre 1901, Alberto Giacometti a découvert le postimpressionnisme et le symbolisme à un âge précoce grâce à son père qui était peintre. En 1919, au terme de sa scolarité, il a suivi des études à l’Ecole des beaux-arts de Genève. Il s’est installé en France en 1922, où il a étudié l’art du nu à l’Académie de la Grande Chaumière, la sculpture avec Antoine Bourdelle, et visitait souvent le musée du Louvre.

Son œuvre l’a rapproché du mouvement post-cubiste (notamment Le Couple en 1926 et Femme Cuillère en 1927), puis s’est développée au sein du groupe surréaliste (un tournant marqué par la sculpture La Boule suspendue de 1930, exposée à la Galerie Pierre aux côtés d’œuvres de Joan Miró et Jean Arp). En 1935, il s’est éloigné des cercles de l’avant-garde pour commencer à travailler exclusivement sur le modèle vivant.

En 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, il est revenu en Suisse où il a rencontré sa future femme, Annette Arm, qui deviendra l’une de ses modèles préférées. Pendant l’après-guerre, il s’est mis à créer de nouvelles grandes figures filiformes, puis sa réputation s’est considérablement accrue dans les années 50. En 1956, il a représenté la France à la Biennale de Venise avec l’ensemble de sculptures Femmes de Venise (il remportera le Grand Prix de Sculpture de la Biennale en 1962). Avant de quitter Paris pour la dernière fois en 1965, Giacometti a réalisé trois bustes du photographe Eli Lotar, son dernier modèle. Giacometti est mort le 11 janvier 1966 à l’hôpital cantonal de Coire.