Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne
Complet
- Lieu
- Fondation Louis Vuitton
Dans la lignée des expositions « Icônes de l’art moderne », consacrées aux grands collectionneurs tels que Sergueï Chtchoukine, les frères Mikhaïl Morozov et Ivan Morozov, ainsi que Samuel Courtauld, la Fondation poursuit son exploration des figures pionnières qui ont façonné l’histoire de l’art moderne avec une exposition exceptionnelle : « Gustave Fayet, collectionneur - créateur », présentée du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027.
Ce projet d’envergure investit l’ensemble des espaces de la Fondation Louis Vuitton selon un parcours en deux volets — Gustave Fayet collectionneur et Gustave Fayet, créateur — révélant la singularité d’un parcours où collection, création et engagement artistique se répondent. L’exposition dessine ainsi le portrait d’un acteur essentiel de la modernité au tournant du siècle et aujourd’hui injustement oublié.
L’exposition constitue un événement sans précédent. Elle réunit, d’une part, pour la première fois depuis un siècle, plus de 250 œuvres d’une collection extraordinaire, aujourd’hui dispersée dans le monde entier et, d’autre part, 325 créations de Gustave Fayet, pour la plupart jamais montrées au public et restaurées pour l’occasion.
Le parcours met en lumière un ensemble de 10 tableaux de Vincent van Gogh, 78 œuvres de Paul Gauguin, de 88 œuvres d’Odilon Redon, mais aussi de peintures et de pastels d’Edgar Degas, Paul Cézanne, Henri de Toulouse-Lautrec, Pierre-Auguste Renoir, Berthe Morisot, Paul Signac, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Henri Matisse.
Henri Matisse, Place des Lices, Saint-Tropez, 1904
Huile sur toile, 51,5 × 55 cm. SMK, National Gallery of Denmark. Crédit photographique : © SMK Photo/Jakob Skou-Hansen
Vincent van Gogh, Le cyprès et l’arbre en fleurs, septembre 1889
Huile sur toile, 52 x 65 cm. Collection particulière. Crédit photographique : © Peter Schälchli
Paul Cézanne, Le grand pin, 1887-1889
Huile sur toile, 85,5 x 92,5 cm. Museu de Arte de São Paulo Assis Chateaubriand Doação [Gift] João Chammas, Antonio Adib Chammas e Geremia Lunardelli, 1951, MASP.00089
SIGNAC Paul, La Voile verte (Venise), 1904
Huile sur toile / Oil on canvas Unframed: 65.2 x 81.2 x 0.0 cm; framed: 85.0 x 101.5 x 0.0 cm. Crédit photographique : © GrandPalaisRmn (musée d'Orsay) / Franck Raux
Pierre Bonnard, Plaisir de campagne ou Le Jardinier, 1903
Huile sur toile, 85,7 x 94 cm. Collection particulière
Paul Gauguin, Dans les vagues ou Ondine, 1889
Huile sur tissu, 123,8 x 106 cm. The Cleveland Museum of Art, Gift of Mr. and Mrs. William Powell Jones, 1978.63. Crédit photographique : Courtesy of Cleveland Museum of Art
Edgar Degas, L’épine (Femme se soignant le pied), ca. 1883-1885
Pastel et fusain sur monotype sur papier, 29,5 x 39,4 cm. Courtesy of Christie’s
Fruit d’une enquête de plusieurs années, l’exposition bénéficie du soutien de 64 institutions internationales et 71 collections privées.
Cette exposition inédite, dévoile une personnalité de premier plan, peu à peu reléguée dans l’oubli : Gustave Fayet (1865-1925), collectionneur passionné, artiste mais aussi créateur fécond, fut un entrepreneur infatigable et exceptionnel, visionnaire dans le domaine des arts décoratifs. Derrière ce nom méconnu se cache en effet l’un des plus grands défenseurs et découvreurs de l’avant-garde de son temps, un homme qui contribua activement à faire émerger l’art moderne sous toutes ses formes. Gustave Fayet est en effet parmi les premiers à collectionner van Gogh, à exposer Picasso ou à constituer chez lui, en plein cœur de Paris, un « musée Gauguin », riche de près de 200 œuvres, où se pressent tous les artistes et grands collectionneurs de l’époque. Ami et amateur fervent de Redon, il lui offre l’occasion de réaliser un grand décor, resté secret, dans son abbaye du Midi de la France à Fontfroide.
« À l’énumération de votre collection, je vois que je suis en compagnie de maîtres, et cela me rend heureux, mais aussi bien timide. […] Enfin, il y a donc des hommes qui savent apprécier la peinture. »
Gustave Fayet n’est pas seulement un collectionneur d’exception qui a rassemblé plus de 740 œuvres majeures d’art moderne (hors estampes). Il fut aussi dans la deuxième partie de sa vie un créateur dont le succès marque les arts décoratifs du début du 20ème siècle. Peintre, aquarelliste, céramiste, décorateur, créateur de tapis, de tissus et de papiers peints, illustrateur de livres, il incarne cette génération pour laquelle l’art irrigue tous les aspects de la vie. Ses créations, diffusées dans les plus grandes galeries et importants salons de son époque, séduisent des figures aussi influentes que Paul Poiret, Jacques Doucet ou Jeanne Lanvin. De l’Art Nouveau à l’Art déco, Fayet participe pleinement à l’invention d’un nouvel art de vivre où beaux-arts et arts décoratifs fusionnent. Pour Gustave Fayet, collectionner et créer s’unissent dans un même élan.
Ce premier événement d’envergure internationale consacrée à cette figure singulière et pionnière à bien des égards, dévoile un univers foisonnant et ouvre un nouveau chapitre de l’art moderne et des arts décoratifs du début du 20ème siècle. Ce projet ambitieux rassemble au total 740 œuvres et documents répartis entre les deux volets de l’exposition.
Gustave Fayet : la collection présentée sur trois niveaux de la Fondation Louis Vuitton
Plus de 250 œuvres d’artistes tels que Vincent van Gogh, Paul Gauguin, Odilon Redon, Edgar Degas, Paul Cézanne, Henri de Toulouse-Lautrec, Pierre-Auguste Renoir, Berthe Morisot, Paul Signac, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Henri Matisse.
Exemples d’œuvres présentées pour la première fois en France :
Autoportrait à l’oreille bandée de Vincent van Gogh
Un des événements marquants de cette exposition est le retour en France de l’Autoportrait à l’oreille bandée de Vincent van Gogh, qui n’a pas été exposé dans l’Hexagone depuis 1937 et n’a jamais été prêté pour une exposition depuis 1990. Peint après la rupture dramatique entre Paul Gauguin et Vincent van Gogh, ce tableau bouleversant montre un artiste blessé mais résolu à continuer à peindre. L’Autoportrait à la palette de Paul Gauguin, lui fera écho : deux visions radicales de l’artiste moderne se répondent ainsi dans un dialogue inédit.
Vincent Van Gogh, Autoportrait à l’oreille bandée, janvier 1889
Huile sur toile, 49,5 x 44,2 cm. Collection particulière. Crédit photographique : © Peter Schälchli
Le Christ jaune, Portrait de l'artiste au Christ jaune et Le Calvaire breton : trois chefs-d’œuvre de Gauguin
L’exposition réunit Le Christ jaune (1889, Buffalo AKG Art Museum), Portrait de l'artiste au Christ jaune (1890-1891, Musée d’Orsay, Paris) et Le Calvaire breton (1899, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles), ayant appartenu à Gustave Fayet et à ses proches George Daniel de Monfreid et Maurice Fabre. Trois tableaux, trois collectionneurs du Midi de la France, unis et complices dans leur passion pour Gauguin, trois manières d’autoportrait forment une constellation unique témoignant du rôle décisif joué par Fayet dans la reconnaissance de l’artiste.
Paul Gauguin, Le Christ jaune, 1889
Huile sur toile, 92,07 x 73,34 cm. Collection Buffalo AKG Art Museum General Purchase Funds, 1946
Paul Gauguin, Portrait de l’artiste au Christ jaune, 1890
Huile sur toile, 38 x 46 cm. Musée d’Orsay, Paris. Crédit photographique : © Musée d'Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Patrice Schmidt
Paul Gauguin, Le Calvaire breton, 1889
Huile sur toile, 92 x 73,5cm. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles. Crédit photographique : © J. Geleyns
Le Jour, La Nuit et Le Silence : un décor extraordinaire d’Odilon Redon
Autre moment majeur du parcours, la présentation du décor qu’Odilon Redon peint pour la bibliothèque de l’abbaye cistercienne de Fontfroide, que Fayet achète en 1908 pour la restaurer et transformer en « œuvre d’art totale ». Les panneaux y sont toujours précieusement conservés. Pour la première fois, Le Jour, La Nuit et Le Silence, véritables testaments artistiques de Redon, sont dévoilés au grand public. Pour Fayet, l’œuvre et l’amitié du peintre symboliste, lui ouvre la voie d’un art suggestif et spirituel qui nourrit sa propre création.
Odilon Redon, Le Jour
Détrampe sur toile, 200 x 650 cm. Abbaye de Fontfroide, Narbonne. Œuvre classée au titre des monuments historiques comme un ensemble historique mobilier. Crédit photographique : © Fondation Louis Vuitton / Nicolas Matheus
Odilon Redon, La Nuit
Détrampe sur toile, 200 x 650 cm. Abbaye de Fontfroide, Narbonne. Œuvre classée au titre des monuments historiques comme un ensemble historique mobilier. Crédit photographique : © Fondation Louis Vuitton / Nicolas Matheus
Gustave Fayet créateur : un univers foisonnant, un patrimoine restauré et révélé au dernier étage de la Fondation
Un riche ensemble de créations réunis pour la première fois : 55 céramiques, 19 mises en carte, 90 aquarelles sur papier buvard, 15 peintures, pastels et gouaches, et 18 livres illustrés, dont les 72 planches qu’il dessine d’après Mireille, le poème provençal de Frédéric Mistral, et son album-testament, Fleurs.
Le deuxième volet de l’exposition s’attache, de façon tout aussi inédite, à explorer les multiples facettes d’un artiste créateur et entrepreneur, qui dans son œuvre protéiforme résiste à toutes les définitions. Peintre paysagiste, il découvre dans la diversité de l’Art Nouveau et de l’Art déco un vaste champ d’expérimentation qui nourrit son insatiable curiosité. Au fil des années, il devient créateur et s’investit dans tous les domaines des arts décoratifs. Il est céramiste, décorateur, concepteur de tapis, de tissus de papiers peints et de livres illustrés, fondateur d’une maison de mode : une profusion qui n’est pas sans rappeler le “touchatouisme” défini par Jean Cocteau.
Gustave Fayet, Les Cyprès bleus, 1902
Huile sur toile / Oil on Canvas, 98 x 73 cm. Collection particulière / Private Collection. Crédit photographique : © Association du Musée d'Art Gustave Fayet
Gustave Fayet, Marine, s. d.
Huile sur toile / Oil on Canvas, 38 x 60,3 cm. Collection particulière / Private collection
Longtemps inaccessibles, dispersées ou oubliées, ses créations sont réunies pour la première fois. Elles dévoilent aujourd’hui une vitalité créatrice libre et moderne, où la couleur, le motif et l’invention dialoguent avec les grands courants artistiques de son temps, révélant une dimension essentielle, méconnue, de l’histoire des arts décoratifs.
Ancré dans l’héritage du symbolisme de la fin du 19ème siècle, Gustave Fayet contribue à réinventer les intérieurs modernes des Années folles à travers ses entreprises artistiques – la Maison Della et l’Atelier de la Dauphine. À travers la commande de vitraux à Richard Burgsthal pour l’abbaye de Fontfroide, comme dans ses propres créations pour ses demeures d’Igny, de La Dragonne et de Costebrune, Gustave Fayet développe un goût de la fantaisie qui nuance l’esthétique sobre et géométrique des années 1920. Il se distingue notamment par son vocabulaire floral extraordinaire, qu’il improvise sur papier buvard avant de le transposer en tissus, papiers peints ou tapis.
Les céramiques et la collaboration avec Louis Paul
En 1896, Gustave Fayet lance sa première entreprise dans le champ des arts décoratifs. Avec le peintre et sculpteur Louis Paul (1858-1922), ancien élève de Rodin, il fonde à Béziers un atelier de grès qui produira plus d’une centaine de céramiques jusqu’en 1904, allant jusqu’à exposer chez Siegfried Bing à Paris en juin 1898.
Gustave Fayet, Louis Paul, Vase, 1896-1904
Grès émaillé, 71 x 32 cm. Collection particulière. Photo : © Fondation Louis Vuitton / Nicolas Matheus
Les aquarelles sur papier buvard
Vers 1912, après près de dix ans d’interruption, Gustave Fayet reprend le pinceau : l’artiste s’est profondément métamorphosé. À l’univers maîtrisé de ses premiers paysages languedociens succèdent des formes étranges à l’aquarelle sur papier buvard qu’il crée quotidiennement, des fleurs surgissant dans un monde indéterminé, aux frontières de l’abstraction. Ces œuvres deviennent bientôt sa signature visuelle, qu’il déclinera ensuite en papiers peints, tissus et tapis.
Gustave Fayet, Motif floral, 1912-1925
Aquarelle sur papier buvard, 42 × 25 cm. Collection particulière
Les tapis dessinés pour l'Atelier de la Dauphine
En 1920, Gustave Fayet fonde à Paris l’Atelier de la Dauphine, destiné à transformer en tapis les motifs de ses propres « buvards ». Ses tapis aux motifs végétaux, dénués de toute géométrie, rencontrent un succès immédiat — Jeanne Lanvin, Jacques Doucet, Léon Losseau, les commandent. Conçus comme des tableaux, ils sont exposés au Salon d’Automne, au Pavillon de Marsan (Louvre) ou à l’Exposition Internationale de 1925.
Gustave Fayet, Tapis (détail), 1922-1925
Laine Diamètre : 255 cm Mons, Maison Léon Losseau (Belgique)
Restaurations importantes : tapis, cartes préparatoires, robes
À l’occasion de l’exposition, d’importantes campagnes de restauration ont été menées par la Fondation Louis Vuitton parmi lesquelles figurent les tapis réalisés pour la Maison Léon Losseau à Mons (Belgique), chef-d’œuvre de l’Art Nouveau, ainsi qu’un ensemble de mises en cartes préparatoires, dévoilant un pan de production remarquable. Une dizaine de robes inspirées par ses liens avec Paul Poiret, Jacques Doucet et Jeanne Lanvin ont pu être identifiées et restaurées.
Avec l’exposition « Gustave Fayet, collectionneur - créateur », la Fondation Louis Vuitton révèle un continent oublié de l’histoire de l’art moderne et des Arts décoratifs : l’univers fascinant d’un homme dont toute la vie semble avoir été guidée par les mots de son ami André Suarès : « Il a tout fait avec art ».
Gustave Fayet, Mise en carte G54, 1920-1925
Aquarelle sur papier, 302 x 289 cm. Collection particulière. Photo : © Fondation Louis Vuitton / Nicolas Matheus
Commissariat, scénographie, publications et programmation associée
Sylvie Patry, conservatrice générale du patrimoine et spécialiste internationalement reconnue de l’art de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, est commissaire générale de l’exposition et dirige le catalogue sur la collection de Gustave Fayet. Angeline Scherf, conservatrice à la Fondation Louis Vuitton, assure le commissariat de la section dédiée au créateur ainsi que la direction de son catalogue.
Pour mettre en scène cet univers hors norme, réunissant plus de 767 œuvres et archives réparties en 28 sections dans l’ensemble des galeries, la Fondation Louis Vuitton a invité Robert Carsen à imaginer une scénographie sensible et immersive, faisant renaître les multiples mondes de Gustave Fayet. Par le jeu des atmosphères, des couleurs et de l’architecture des espaces, il fait émerger ses univers — ses maisons, ses lieux de vie, ses collections et ses créations. Le parcours se déploie en une succession de séquences distinctes, offrant une lecture des différentes facettes de Fayet — collectionneur, commanditaire, créateur, entrepreneur — tout en révélant la cohérence intime de son regard. Chaque ensemble privilégie l’évocation à la reconstitution, restituant la richesse et la diversité de son univers.
« Plus de lignes géométriques, plus de symétrie, plus de bouquets de fleurs se répétant [...] mais de la fantaisie. Nous n’en mettrons jamais assez de la fantaisie dans nos œuvres. »
Deux ouvrages, coédités avec Gallimard, exploreront les multiples facettes du collectionneur et du créateur, tandis qu’une base de données accessible à tous recensera les quelque 740 œuvres et la centaine d’estampes identifiées à ce jour de la collection de Gustave Fayet, témoignant de sa profusion et de sa variété. Un symposium international prolongera cette ambitieuse entreprise de recherche. L’exposition sera également accompagnée d’une programmation musicale évoquant les liens qui unissaient Fayet aux compositeurs de son époque.
Commissariat
Sylvie Patry, Commissaire générale invitée
assistée de Yulia Kokurkina et Michèle Kieffer
Angeline Scherf, Commissaire associée, Fondation Louis Vuitton
assistée de Cordélia de Brosses et Charlotte Lange
Scénographie
Robert Carsen, Directeur artistique de l’exposition
L’exposition a été réalisée en collaboration avec l’Association Musée d’Art Gustave Fayet Fontfroide
Avec le soutien exceptionnel du musée d’Orsay
Avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France
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