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Jean-Michel Othoniel - DAZZLING TRILOGY

Hors Les Murs
© Jean-Michel Othoniel, ADAGP, Paris, 2026 Courtesy of the artist and Fondation Louis Vuitton, Paris
Date
Du 15.04.2026 au 06.09.2026
Lieu
Espace Louis Vuitton Beijing
China World Mall South Zone W. Bldg. 1 Jianguomenwai Ave.
Beijing
Tél.
T. +86 216 1332 856
Horaires
Ouvert tous les jours de 11h à 19h

SÉLECTION D’ŒUVRES DE LA COLLECTION

À l’occasion du 20e anniversaire des Espaces Louis Vuitton et du 10e anniversaire du programme Hors-les-murs de la Fondation Louis Vuitton, l’Espace Louis Vuitton Beijing présente une exposition consacrée aux installations de l’artiste français Jean-Michel Othoniel.

Après la photographie, le soufre et l’obsidienne, Jean-Michel Othoniel découvre le verre en 1996 : un tournant, le faisant passer selon lui de l’« ombre » à la « lumière ». Depuis, le verre occupe une place centrale dans son art, qui se caractérise par ses collaborations avec des artisans et ses liens étroits avec les procédés matériels. Que ce soit au sein d’ateliers artisanaux traditionnels ou dans des environnements technologiques contemporains, Jean-Michel Othoniel s’empare des moments imprévisibles qui surviennent en immortalisant l’instant, alors que le hasard, le geste et la transformation façonnent l’œuvre finale.

LÁGRIMAS, 2002

© Jean-Michel Othoniel, ADAGP, Paris, 2026. Courtesy of the artist and Fondation Louis Vuitton, Paris. Photo credits: © Sun Shi / Louis Vuitton

La poésie et la littérature jouent un rôle primordial dans le processus de réflexion de l’artiste. Inspiré par Jacques Lacan, psychiatre et psychanalyste français, Jean-Michel Othoniel conçoit ses expositions comme des compositions spatiales et émotionnelles. Ses œuvres sont truffées de références – des objets de culte et des traditions populaires aux symboles spirituels et aux souvenirs personnels – et créent des espaces où la fragilité devient une force poétique plutôt qu’un signe de faiblesse. Quelle que soit sa taille, chaque création est à la mesure de son ambition : ériger des monuments dédiés à la fragilité humaine. Ces formes évoquent les thèmes de prédilection de ses œuvres : la poésie, l’histoire, la beauté et l’amour.

L’exposition réunit des œuvres qui montrent toute la richesse de ces références. Dans Lágrimas (2002), des bouteilles en verre remplies d’eau renferment des formes délicates qui scintillent telles des larmes, invitant à la prière et à la contemplation. Avec Le Bateau de Larmes (2004), une barque trouvée sur la plage de Miami (États-Unis), il rend hommage à la migration et à la mémoire, ses perles de verre lumineuses transformant un drame en lueur espoir. 

Dans la dernière salle, deux œuvres phares entrent en dialogue. White Wild Lei (2009), un immense collier, qui rappelle les colliers de fleurs réservés aux étrangers arrivant à Hawaï, évoque la forme sacrée de la mandorle et célèbre les personnes présentes dans nos souvenirs. À proximité, Rivière Rose (2026), une installation in situ créée pour l’exposition, s’éparpille au sol telle une rivière rose éclatante faite de briques en verre coulées à la main. Ces deux œuvres invitent le public dans un paysage contemplatif composé de lumière, de couleur et de mouvement où la beauté, selon les mots de Jean-Michel Othoniel, a le pouvoir de se protéger elle-même.

Jean-Michel Othoniel

Jean-Michel Othoniel (né en 1964 à Saint-Étienne, en France) est un artiste contemporain basé à Paris, en France. Au milieu des années 1980, il a fréquenté l’École d’art de Cergy (France), où il a méthodiquement étudié l’art conceptuel et l’expérimentation matérielle. Dès lors, il s’est vivement intéressé à l’alchimie, à la transformation et à la résonance poétique de la matière. Par la suite, il a effectué des résidences et obtenu des bourses – il a notamment été pensionnaire à la Villa Médicis de Rome (Italie) en 1996 –, élargissant ses horizons artistiques et passant d’un art intimiste axé sur les livres, les manuscrits et les processus à une œuvre sensible aux espaces urbains, historiques et naturels. Dans son studio parisien, il travaille depuis de nombreuses années avec des maîtres-verriers, des métallurgistes et des équipes d’ingénieurs pour transposer son art dans l’espace public et les institutions internationales selon une logique pluridisciplinaire.

Dans ses œuvres, il aborde invariablement les thèmes du désir, de la fragilité, de la guérison et de la transformation. De la fin des années 1980 au début des années 1990, il utilise des matériaux comme le soufre, la cire et le plomb – reliant des « livres » – pour mettre en relief le temps, l’empreinte et le symbolisme alchimique de la matière. Après avoir découvert la tradition du verre vénitien en 1993, le verre soufflé devient sa signature : transparence, surfaces miroitantes et reflets de pierres précieuses permettent de façonner la lumière et la couleur en « colliers » de perles XXL, en couronnes nouées et en treillis, créant des volumes à la fois intimistes et majestueux. Peu à peu, il ne se contente plus de petits objets et imagine de grandes installations dans l’espace public : ses perles suspendues, ses fontaines et ses constructions paysagères réinterprètent l’exubérance baroque avec une limpidité contemporaine. L’eau, la botanique et les paysages historiques font souvent office d’interlocuteurs ; à travers une répétition modulaire, les reflets d’un miroir et des structures mathématiques, ses œuvres oscillent entre ornementation et monumentalité, invitant le public à vivre le « passage » et la « réincarnation » par la réflexion et la traversée. Les miroirs greffent le public à l’œuvre, métamorphosant l’espace en un théâtre d’émotions, de souvenirs et de mouvements.

Jean-Michel Othoniel a notamment exposé à la Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris, France, 2003), au Centre Pompidou (Paris, France, 2011), au Brooklyn Museum (New York, États-Unis, 2012) et au Petit Palais (Paris, France, 2021). Parmi ses commandes publiques phares : Le Kiosque des noctambules (2000) pour la station de métro Palais-Royal – Musée du Louvre à Paris (France), les jardins du Château de Versailles (France, 2015), Le Théorème de Narcisse pour le Petit Palais (Paris, France, 2021). En 2019, il crée Alfa, une installation monumentale de 114 sculptures fontaines pour le nouveau National Museum of Qatar (NMoQ), construit par l’architecte français Jean Nouvel. Ses œuvres figurent dans les collections d’institutions majeures, comme le Centre Pompidou, le Musée d’Art moderne de Paris (France) ou encore le Brooklyn Museum (New York, États-Unis). Il est reconnu à l’international pour conjuguer savoir-faire d’excellence et engagement du public, créant une poétique d’espace à travers la lumière et la couleur.