Jeff Koons - Paintings and banality
- Date
- Du 20.02.2026 au 05.07.2026
- Lieu
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Espace Louis Vuitton Osaka
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Louis Vuitton Maison Osaka Midosuji 5F
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2-8-16, Shinsaibashi-suji
- Tél.
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+81 3 3515 0855
- Horaires
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12:00 - 20:00
SÉLECTION D’ŒUVRES DE LA COLLECTION
À l’occasion du 20e anniversaire des Espaces Louis Vuitton et du 10e anniversaire du programme Hors-les-murs de la Fondation Louis Vuitton, l’Espace Louis Vuitton Osaka consacre une exposition à l’artiste américain Jeff Koons, de ses premières séries emblématiques des années 1980 à ses peintures monumentales plus récentes.
Cette exposition s’inscrit dans le cadre du programme Hors-les-murs, qui présente des œuvres de la Collection au sein des Espaces Louis Vuitton de Tokyo, München, Venezia, Beijing, Seoul et Osaka, témoignant ainsi de la volonté de la Fondation Louis Vuitton de mener des projets internationaux et de toucher un public plus large.
WILD BOY AND PUPPY || 1988
Porcelain, 96.5 x 100.3 x 59.7 cm. Courtesy of the artist and the Fondation Louis Vuitton, Paris. © Jeff Koons. Photo credits: © Primae / David Bordes
Jeff Koons maintient une présence singulière dans l’art contemporain depuis les années 1980. Au-delà de la banalité artistique, son œuvre dépeint la tension qui règne entre les cultures populaires et savantes en associant appareils ménagers, langage publicitaire, iconographie propre à l’enfance et clins d’œil à l’histoire de l’art. L’exposition Paintings and Banality revient sur la façon dont l’artiste met en valeur, depuis plus de quatre décennies, ce que la société juge sans intérêt, et explore la charge symbolique et émotionnelle des objets et des images du quotidien. Puisant dans certaines de ses séries emblématiques, qui représentent une part importante de son œuvre, cette exposition montre comment l’artiste tend un miroir aux spectateurs pour refléter leur propre identité – à la fois individuelle et collective – et explorer des concepts universels, comme la beauté et le plaisir.
C’est au milieu des années 1980 que Jeff Koons a acquis sa notoriété, avec ses vitrines en verre ou plexiglas présentant des objets manufacturés, des articles de grande consommation ou des ready-mades, tels que des aspirateurs et des shampouineuses, ou, comme ici, les ballons de basket de Three Ball 50/50 Tank (1985). Autant de symboles du rêve américain qui, dans le répertoire de Koons, deviennent de véritables œuvres d’art. Quelques années plus tard, il renonce aux ready-mades pour créer ses propres objets courants. Dans sa série « Banality » de 1988, représentée ici avec Woman in Tub et Wild Boy and Puppy, il mélange l’univers du cartoon, la culture pop et ses propres souvenirs pour créer des sculptures relevant du défi technique qui brouillent les frontières entre l’art, l’industrie et la culture de masse.
LANDSCAPE (TREE) II 2007
Oil on canvas 274.3 x 213.4 cm. Courtesy of the artist and the Fondation Louis Vuitton, Paris. © Jeff Koons. Photo credits: © Primae / David Bordes
MONKEY TRAIN (BIRDS) II 2007
Oil on canvas 274.3 x 213.4 cm. Courtesy of the artist and the Fondation Louis Vuitton, Paris. © Jeff Koons. Photo credits: © Primae / David Bordes
Dans ses œuvres picturales, Jeff Koons repousse les limites du collage. De ses premiers tableaux, comme The Bracelet (1995-1998), à sa série Hulk Elvis, dans laquelle on retrouve Landscape (Tree) II et Monkey Train (Birds) (2007), présentés ici, l’artiste compile divers éléments visuels sur des toiles monumentales. Des compositions denses qui racontent combien la société actuelle est saturée d’images et de symboles.
Avec ses références aussitôt identifiables, l’œuvre de Jeff Koons se veut accessible et entend susciter l’engagement du public. L’une de ses techniques signatures, à savoir les surfaces réfléchissantes, fascine davantage les spectateurs, par exemple lorsqu’ils aperçoivent leur reflet dans le miroir de Little Girl (1988), et qu’ils deviennent une composante de l’œuvre. Miroirs, surfaces brillantes et remarquables trompe-l’œil offrent ainsi une expérience dans laquelle la perception, les souvenirs et les aspirations se confondent.
À travers le collage, la démesure et la subtilité technique, Jeff Koons s’interroge sur la valeur de l’objet, la fonction de l’image et le pouvoir de l’art comme moyen d’émancipation et de contemplation. Depuis plus de 40 ans, son œuvre fait de la futilité un espace propice à la réflexion et au plaisir, proposant une immersion dans le beau à lumière de la banalité.
Jeff Koons
L’artiste américain Jeff Koons est né en 1955 à York, en Pennsylvanie (États-Unis), et a développé très jeune une passion pour l’art. Enfant, il copiait des tableaux des grands maîtres, les signait de son propre nom et les vendait dans le magasin de son père. Il a étudié au Maryland Institute College of Art à Baltimore (Maryland, États-Unis) et a participé à un programme d’échange à la School of the Art Institute of Chicago (Illinois, États-Unis). Après l’obtention de son diplôme en 1976, il s’installe à New York (État de New York, États-Unis), où il vit et travaille encore aujourd’hui. Pendant un temps, il occupe plusieurs postes de débutant au Museum of Modern Art, où son apparence excentrique et son attitude persuasive au bureau des adhésions marquent durablement les esprits. C’est au cours de cette période qu’il réalise ses premiers assemblages d’objets gonflables et de matériaux industriels, annonçant ses sculptures futures. Il quitte le MoMA en 1979 pour devenir courtier en matières premières à Wall Street, ce qui lui permet d’acquérir la sécurité financière nécessaire à la création de ses premières œuvres majeures.
Koons explore les mécanismes du désir qui régissent la culture visuelle contemporaine à travers des références issues à la fois de la culture savante et de la culture populaire, déhiérarchisées puis revalorisées. À partir de la fin des années 1970, il travaille avec des objets industriels — tels que des aspirateurs ou des nettoyeurs de moquette — qu’il présente dans des vitrines en plexiglas transparent, ravivant ainsi l’esprit du ready-made. Ses premières séries, The New (1980-1987) et Equilibrium (1983-1993), illustrent son attrait pour des compositions spectaculaires, dans lesquelles la charge symbolique des objets supplante leur prétendue trivialité. Les séries Banality (1988) et Celebration (1994-2019) reflètent les intérêts fondamentaux de la pratique artistique de Koons : des œuvres polychromes aux couleurs vives et aux surfaces métalliques réfléchissantes, exaltant le ready-made tout en invitant les spectateurs à y voir leur propre reflet, à se voir littéralement à l’intérieur des œuvres. Par ailleurs, les peintures complexes qu’il réalise depuis les années 1990 — des collages monumentaux saturés de références visuelles, comme dans les séries Easyfun (1999-2000) et Hulk Elvis (2004-) — interrogent l’héritage de l’histoire de l’art et le pouvoir des images dans la culture de masse. Enfin, ses œuvres monumentales dans l’espace public, notamment Puppy (1992) et Split-Rocker (2000), prolongent sa fascination pour l’émerveillement et la théâtralité et lui ont valu une reconnaissance internationale.
Depuis 1980, date de sa première exposition personnelle au New Museum de New York (États-Unis), Koons s’est solidement imposé sur la scène artistique internationale. Ses œuvres figurent dans les collections de musées du monde entier, notamment le Museum of Modern Art et le Solomon R. Guggenheim Museum à New York, la Tate Modern à Londres (Royaume-Uni), le Stedelijk Museum à Amsterdam (Pays-Bas), le Los Angeles County Museum of Art (États-Unis) et le Museum of Contemporary Art de Tokyo (Japon), entre autres. Parmi ses nombreuses expositions, on compte des présentations personnelles au Palazzo Strozzi à Florence (Italie, 2022), à l’Ashmolean Museum d’Oxford (Royaume-Uni, 2019), au Guggenheim Museum Bilbao (Espagne, 2015), au Whitney Museum of American Art à New York, au Centre Pompidou à Paris (France, 2014), au château de Versailles (France, 2013), à la Fondation Beyeler à Bâle (Suisse, 2012) et à la Neue Nationalgalerie à Berlin (Allemagne, 2008), entre autres. En reconnaissance de son action en faveur du renforcement des relations franco-américaines, Koons a été fait officier de l’Ordre national de la Légion d’honneur ; il a également reçu en 2013 la Médaille des arts du Département d’État des États-Unis pour son engagement dans le programme Art in Embassies et les échanges culturels internationaux, confirmant ainsi la portée mondiale de son œuvre.