Rina Banerjee - You made me leave home...

Hors Les Murs
2023 Courtesy of the artist and Perrotin
Date
Du 19.03.2026 au 13.09.2026
Lieu
Espace Louis Vuitton Tokyo
Omotesando Bldg 7F 5-7-5 Jingumae Shibuya-ku
Tokyo 150-0001
Tél.
+81 3 3515 0855

SÉLECTION D’ŒUVRES DE LA COLLECTION

À l’occasion du 20e anniversaire des Espaces Louis Vuitton et du 10e anniversaire du programme Hors-les-murs de la Fondation Louis Vuitton, l’Espace Louis Vuitton Tokyo consacre une exposition à Rina Banerjee, artiste de la diaspora sud-asiatique, qui transmue toute une variété d’objets trouvés en sculptures féminines mystiques et en installations fantasmagoriques complexes.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du programme Hors-les-murs, qui présente des œuvres de la Collection au sein des Espaces Louis Vuitton de Tokyo, München, Venezia, Beijing, Seoul et Osaka, témoignant ainsi de la volonté de la Fondation Louis Vuitton de mener des projets internationaux et de toucher un public plus large.

PORTRAIT OF RINA BANERJEE AT ESPACE LOUIS VUITTON TOKYO, 2026

Crédit photographique : © Fondation Louis Vuitton / Jeremie Souteyrat

Dans ses œuvres, Rina Banerjee emprunte des vestiges culturels et matériels du colonialisme – textiles, œufs d’autruche, plumes et lustres en verre – ainsi que des articles ménagers du quotidien, tels que des fils de coton et de la noix de coco en poudre, dont beaucoup proviennent des pays du Sud (que l’artiste désigne comme « la zone tropicale »). Ses tableaux s’inspirent des peintures miniatures indiennes historiques, des peintures chinoises sur soie et des dessins aztèques. À la frontière entre abstraction et représentation, Rina Banerjee s’oppose au regard colonialiste tout en créant une esthétique visuelle unique à partir de matériaux hybrides inattendus. Si elles condamnent diverses fractures sociales et injustices, ses créations sont toujours pourvues d’un sens de l’humour.
Selon l’artiste : « Le public se délecte de l’objet exotique et, en même temps, reste perplexe devant ce qu’il revendique. » Chaque œuvre porte un long titre poétique et narratif, qui fait partie intégrante de son travail artistique.

En près de trois décennies, Rina Banerjee s’est intéressée aux grands enjeux que sont le colonialisme, la migration, l’identité, le commerce et les voyages internationaux, le changement climatique, le travail, l’exotisme, la décoration ou encore la tension entre tradition et modernité. En optant pour une approche féministe postcoloniale, elle crée des personnages féminins de diverses tailles, formes et couleurs « en vue de libérer la déesse du regard masculin, de la libérer des représentations […] sexualisées qui dominent l’imaginaire culturel ». 

Avec cette exposition intitulée « You made me leave my happy home to become someone else anew, in diasporas without origin to be related again this is living and in this waits the joy of one earthly place, hope of eternal intimacy. Intimate in Nature. », qui compile dix-neuf de ses œuvres, de ses installations à ses sculptures en passant par ses tableaux, Rina Banerjee nuance les thèmes du voyage international et de l’héritage du colonialisme. L’exposition s’articule autour de In an unnatural storm a world fertile, fragile and desirous, polluted with excess pollination… (2008), une installation monumentale de la Collection, qui met en scène le caractère merveilleux et la précarité des expéditions périlleuses à l’international (inspirée du roman de Jules Verne, Le Tour du monde en quatre-vingts jours), présentée pour la première fois par la Fondation Louis Vuitton. L’œuvre se veut à l’image de la technique de l’artiste sur les plans conceptuel, structurel (un dôme suspendu au plafond, avec une cascade d’objets en dessous) et formel (couleur et forme). Avec sa récente installation Black Noodles (2023), qui aborde le commerce mondial de cheveux humains et son cadre politique, cette œuvre confère une dimension formelle et conceptuelle à l’exposition.

Dans ses œuvres, notamment une nouvelle série de tableaux réalisés en 2026, l’artiste, grande spécialiste de l’art indien avant 1900, intègre des matériaux, des motifs et des iconographies de l’Asie du Sud pour créer des figures féminines souvent semblables à des divinités hindoues. L’art de Rina Banerjee explore la nature fluide, multiforme et transnationale du « moi », et s’interroge sur sa propre identité en tant qu’immigrante ayant traversé plusieurs continents, à différents moments et stades de sa vie.

Rina Banerjee

Rina Banerjee est née à Calcutta (Inde) en 1963. Elle vit et travaille à New York (États-Unis). Elle a hérité de multiples cultures indiennes et émigré au Royaume-Uni (Londres et Manchester), puis aux États-Unis avec sa famille (Queens, New York) à l’âge de 7 ans.
Avant de se lancer dans l’art, sur l’impulsion de ses parents, elle suit un parcours Ingénierie des polymères à l’Université Case Western Reserve de Cleveland (Ohio, États-Unis), une discipline interdisciplinaire axée sur la conception, l’analyse, la modification et le traitement des matériaux polymères, tels que le plastique, le caoutchouc et les fibres pour divers usages. Sa démarche et son œuvre portent les marques de cette formation hors pair en ingénierie.

Après avoir obtenu son master en beaux-arts, spécialité peinture et gravure, à l’Université de Yale (Connecticut, États-Unis) en 1995, Rina Banerjee se fait un nom en intégrant l’exposition Out of India: Contemporary Art of the South Asian Diaspora au Queens Museum (États-Unis, 1997), puis lors de la Whitney Biennial en 2000 (New York, États-Unis). Elle a été critique invitée à la Yale School of Art (Connecticut, États-Unis) à de nombreuses reprises, inaugurant le titre de Critique postcoloniale en 2022. Depuis une trentaine d’années, ses œuvres sont présentées dans le cadre d’expositions personnelles et thématiques dans des musées et des galeries d’art aux États-Unis, en Europe, et plus récemment en Asie. L’exposition de l’Espace Louis Vuitton Tokyo constitue sa troisième exposition personnelle au Japon, après deux expositions à l’Ota Fine Arts (2013-2014 et 2017). Actuellement présentée au Yale Center for British Art (Connecticut, États-Unis) avec son installation à grande échelle Take me, take me, take me…to Palace of love (2013), elle compte également plusieurs rétrospectives, dont Make Me a Summary of the World (2018-2019) au San Jose Museum of Art (Californie, États-Unis) et à la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie (États-Unis), ou encore Rina Banerjee: Chimaeras of India and the West (2011) au Musée Guimet de Paris (France).

Rina Banerjee a également participé à nombre de biennales et triennales internationales, dont la 55e et la 57e Biennale de Venise (Italie), la Triennale de Yokohama en 2011 (Japon), la 3e Triennale d’Echigo-Tsumari (Japon) et la 5e Biennale de Kochi (Inde). Ses œuvres ont également été présentées lors d’expositions thématiques majeures dans des musées comme le Smithsonian American Art Museum (Washington, États-Unis), le Centre Pompidou (Paris, France), le National Taiwan Museum of Fine Arts, le Kiran Nadar Museum of Art (New Delhi, Inde), le Whitney Museum of American Art (New York, États-Unis), et le Metropolitan Museum of Art (New York, États-Unis). Elles figurent également dans de nombreuses collections publiques et privées dans le monde entier.