SHEILA HICKS – ATTERRISSAGE
- Date
- Du 30.04.2024 au 08.09.2024
- Lieu
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Espace Louis Vuitton Séoul
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454 Apgujeong-ro, Gangnam-gu
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Seoul 06015 Korea
- Tél.
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T. +82 2 3432 1854
- Horaires
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Du lundi au dimanche de 12h - 19h
L’Espace Louis Vuitton Séoul a l’honneur de consacrer sa sixième exposition à l’œuvre de l’artiste américaine Sheila Hicks.
Née dans une famille de négociants de plusieurs origines — écossaise, néerlandaise, galloise, cherokee — Sheila Hicks entre à l’Université de Yale en 1954, où elle suit notamment les cours de Josef Albers, figure historique du Bauhaus et célèbre théoricien de la couleur, et de George Kubler, historien spécialisé dans l’art précolombien. Cette formation l’encourage durablement à persévérer dans la voie artistique qu’elle s’est choisie : créer des œuvres textiles qui abolissent les frontières entre beaux-arts et arts appliqués.
Dans sa propre pratique, elle peint de petits tableaux expressionnistes abstraits, et produit en 1956 ses premiers Minimes, de minuscules tissages qui servent de terrain d’expérimentation pour ses créations à venir. En 1957-58, elle sillonne l’Amérique latine pour approfondir sa connaissance des techniques de tissage et de broderie, puis passe une année en France, où elle rencontre Raoul d’Harcourt, spécialiste des textiles de l’ère pré-inca, dont les écrits exercent une influence décisive sur son mémoire de fin d’études.
ANOTHER BREAK IN THE WALL 2016
© Sheila Hicks / Adagp, 2024, Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz Photo credits: © Raphael Fanelli
ATTERRISSAGE
© Sheila Hicks / Adagp, 2024, Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz Photo credits: © Raphael Fanelli
L’œuvre de Sheila Hicks dialogue avec l’architecture dans laquelle elle s’inscrit. Ce dialogue prend sa source dans les années passées à suivre les cours d’architecture moderniste de Louis Kahn, à Yale, et s’intensifie pendant sa résidence au Mexique, où elle se lie d’amitié avec les architectes Félix Candela, Mathias Goeritz et Luis Barragán. Au fil du temps, sa pratique s’en nourrit en profondeur, ce qui l’amène à réaliser des projets avec Eero Saarinen, Warren Platner, Gyo Obata, SOM, Kajima, Junzō Sakakura, Nikken Sekkei, Theo Crosby ou encore Kevin Roche.
Au milieu des années 1960, après quatre ans au Mexique, elle s’installe à Paris, où elle vit toujours, afin de poursuivre ses recherches à la croisée de l’art, du design et de la décoration. Mêlant avec fluidité modernisme, abstraction, traditions et savoir-faire extra-occidentaux, ses sculptures et ses installations composées de laine, nylon, soie, lin ou coton fusionnent parfois avec des objets utilitaires, tels que des vêtements, et peuvent revêtir eux-mêmes une fonction, insufflant une atmosphère dans laquelle les visiteurs sont invités à flâner, s’allonger et se prélasser.
ATTERRISSAGE
© Sheila Hicks / Adagp, 2024, Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz Photo credits: © Raphael Fanelli
Empilements de grands ballots de fibres, cascades de lianes colorées, colonnes de fils pigmentés ou encore écheveaux flexibles enveloppés de laine, ses œuvres mettent à l’honneur les matières, qui en dictent les formes. Ses créations, soumises aux lois de la gravité, sont déterminées par l’architecture des espaces qui les accueillent ; ainsi, les suspensions verticales décrivent un coude lorsqu’elles touchent le sol, puis se prolongent à l’horizontal. Des œuvres érigées et stabilisées par la seule grâce de leur poids, dans un spectre de couleurs qui modifie la perception de l’espace qu’elles habitent. Sheila Hicks refuse de donner à ses œuvres une forme fixe et définie. Elle les crée dans un esprit d’expérimentation libre, qui évolue au fil du processus de tissage, sans autre but que leur existence propre. Ses sculptures ductiles, labiles, préfigurent les mouvements Antiforme et Post-minimaliste, qui auront eux aussi fortement recours au textile.
Sheila Hicks
Issue d’une famille de commerçants d’origines écossaise, hollandaise, galloise et cherokee, Sheila Hicks intègre en 1954 l’université de Yale où elle suit notamment les cours de Josef Albers, figure historique du Bauhaus et célèbre théoricien de la couleur, et de George Kubler, un historien spécialiste de l’art pré-colombien. Des enseignements qui la marqueront durablement et l’encourageront à persévérer dans la voie qu’elle est alors en train d’ouvrir, à savoir la création d’œuvres textiles déjouant les frontières entre beaux-arts et arts appliqués afin de favoriser le mariage entre l’art et la vie.
En effet, parallèlement à la réalisation de petites peintures de style expressionniste abstrait, Hicks réalise dès 1956 ses premiers Minimes, soit de minuscules tissages qui sont autant de bancs d’essai pour ses créations futures. Afin d’approfondir sa connaissance des techniques de tissage et de broderie, elle parcourt l’Amérique Latine entre 1957 et 1958, puis passe un an en France où elle rencontre Raoul d’Harcourt, spécialiste des textiles pré-inca dont les écrits seront déterminants pour la rédaction de son mémoire de fin d’études.
Après quatre années passées au Mexique, Hicks s’installe au milieu des années 1960 à Paris où elle vit depuis lors et poursuit ses recherches au croisement de l’art, du design et de la décoration. Faisant la synthèse entre modernisme, abstraction, traditions et savoir-faire extra-occidentaux, ses sculptures et environnements composés de laine, de nylon, de soie, de lin ou de coton intègrent parfois des objets utilitaires, comme par exemple des vêtements, et peuvent également devenir eux-mêmes fonctionnels, définissant des espaces où les visiteurs sont invités à déambuler, à s’allonger et à se prélasser. La relativisation du partage entre œuvre d’art et objet utilitaire se manifeste également chez Sheila Hicks par les commandes privées et publiques qui lui sont faites dès le milieu des années 1960 : elle crée notamment une collection de tissus pour Knoll (1965), des textiles pour des ateliers de tissage manuel en Inde dans le cadre du Commonwealth Trust (1966), et des décorations monumentales pour des enseignes comme CBS à New York (1966) ou IBM à Paris (1972).
Qu’il s’agisse de tapisseries suspendues, d’empilements de gros ballots de fibre, de cascades de lianes colorées, de colonnes de fils pigmentés ou encore de tubes flexibles autours desquels s’enroule de la laine, ses œuvres donnent la part belle aux matériaux qui en dictent les formes. Soumises aux lois de la gravité et déterminées par l’architecture des lieux qui les accueillent, ses pièces pendent à la verticale et se plient à l’horizontale lorsqu’elles touchent le sol, s’érigent et se stabilisent sous l’effet de leur propre poids, déployant leurs couleurs dans l’espace pour en modifier la perception. Refusant de donner toute forme fixe et définitive à ses œuvres, Hicks élabore ses pièces dans un souci de libre expérimentation, au rythme du tissage, sans autre finalité que lui-même. Ductiles et labiles, ses sculptures préfigurent les mouvances de l’Anti-forme et du Post-minimalisme pour lesquelles le textile a été un matériau fondamental.