Informations

La Fondation sera exceptionnellement fermée les 22, 25 et 26 juillet, et ouverte aux dates suivantes :

  • Mardi 23 juillet : de 11h à 20h
  • Mercredi 24 juillet : de 11h à 20h
  • Samedi 27 juillet : de 10h à 18h
  • Dimanche 28 juillet : de 10h à 20h

SHEILA HICKS – ATTERRISSAGE

Hors Les Murs

© Sheila Hicks / Adagp, 2024, Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz Photo credits: © Raphael Fanelli

Date
Du 30.04.2024 au 08.09.2024
Lieu
Espace Louis Vuitton Séoul
454 Apgujeong-ro, Gangnam-gu
Seoul 06015 Korea
Tél.
T. +82 2 3432 1854
Horaires
Du lundi au dimanche de 12h - 19h

L’Espace Louis Vuitton Séoul a l’honneur de consacrer sa sixième exposition à l’œuvre de l’artiste américaine Sheila Hicks.

Née dans une famille de négociants de plusieurs origines — écossaise, néerlandaise, galloise, cherokee — Sheila Hicks entre à l’Université de Yale en 1954, où elle suit notamment les cours de Josef Albers, figure historique du Bauhaus et célèbre théoricien de la couleur, et de George Kubler, historien spécialisé dans l’art précolombien. Cette formation l’encourage durablement à persévérer dans la voie artistique qu’elle s’est choisie : créer des œuvres textiles qui abolissent les frontières entre beaux-arts et arts appliqués.

Dans sa propre pratique, elle peint de petits tableaux expressionnistes abstraits, et produit en 1956 ses premiers Minimes, de minuscules tissages qui servent de terrain d’expérimentation pour ses créations à venir. En 1957-58, elle sillonne l’Amérique latine pour approfondir sa connaissance des techniques de tissage et de broderie, puis passe une année en France, où elle rencontre Raoul d’Harcourt, spécialiste des textiles de l’ère pré-inca, dont les écrits exercent une influence décisive sur son mémoire de fin d’études. 

L’œuvre de Sheila Hicks dialogue avec l’architecture dans laquelle elle s’inscrit. Ce dialogue prend sa source dans les années passées à suivre les cours d’architecture moderniste de Louis Kahn, à Yale, et s’intensifie pendant sa résidence au Mexique, où elle se lie d’amitié avec les architectes Félix Candela, Mathias Goeritz et Luis Barragán. Au fil du temps, sa pratique s’en nourrit en profondeur, ce qui l’amène à réaliser des projets avec Eero Saarinen, Warren Platner, Gyo Obata, SOM, Kajima, Junzō Sakakura, Nikken Sekkei, Theo Crosby ou encore Kevin Roche.

Au milieu des années 1960, après quatre ans au Mexique, elle s’installe à Paris, où elle vit toujours, afin de poursuivre ses recherches à la croisée de l’art, du design et de la décoration. Mêlant avec fluidité modernisme, abstraction, traditions et savoir-faire extra-occidentaux, ses sculptures et ses installations composées de laine, nylon, soie, lin ou coton fusionnent parfois avec des objets utilitaires, tels que des vêtements, et peuvent revêtir eux-mêmes une fonction, insufflant une atmosphère dans laquelle les visiteurs sont invités à flâner, s’allonger et se prélasser.

ATTERRISSAGE

© Sheila Hicks / Adagp, 2024, Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz Photo credits: © Raphael Fanelli

Empilements de grands ballots de fibres, cascades de lianes colorées, colonnes de fils pigmentés ou encore écheveaux flexibles enveloppés de laine, ses œuvres mettent à l’honneur les matières, qui en dictent les formes. Ses créations, soumises aux lois de la gravité, sont déterminées par l’architecture des espaces qui les accueillent ; ainsi, les suspensions verticales décrivent un coude lorsqu’elles touchent le sol, puis se prolongent à l’horizontal. Des œuvres érigées et stabilisées par la seule grâce de leur poids, dans un spectre de couleurs qui modifie la perception de l’espace qu’elles habitent. Sheila Hicks refuse de donner à ses œuvres une forme fixe et définie. Elle les crée dans un esprit d’expérimentation libre, qui évolue au fil du processus de tissage, sans autre but que leur existence propre. Ses sculptures ductiles, labiles, préfigurent les mouvements Antiforme et Post-minimaliste, qui auront eux aussi fortement recours au textile. 

Sheila Hicks

Sheila Hicks, née en 1934 à Hastings, au Nebraska, a obtenu un Bachelor of Fine Arts (1957) et un Master of Fine Arts (1959) à la Yale School of Art où elle fut l’élève de Josef Albers. Ayant reçu une bourse Fulbright pour peindre au Chili, elle photographia, à travers les Andes, des tisserands indigènes ainsi que des sites archéologiques. Cette expérience, ainsi que ses voyages prolongés dans les régions volcaniques de Villarrica, sur l’île de Chiloé et à Tierra del Fuego, influencent encore son travail aujourd’hui. En 1967, elle installa son studio dans le Quartier latin à Paris, où elle continue de vivre et de travailler.

Parmi les récentes expositions en solo de Sheila Hicks figurent « Sheila Hicks » au Contemporary Art Museum of St. Louis dans le Missouri (2015), « Foray Into Chromatic Zones » à la Hayward Gallery de Londres (2015) et « Bâoli » au Palais de Tokyo à Paris (2014-15). Aux États-Unis, une grande rétrospective, « Sheila Hicks: 50 Years », lui a d’abord été consacrée à l’Addison Gallery of American Art d’Andover, dans le Massachusetts (2010), puis à l’Institute of Contemporary Art de Philadelphie (2011) et au Mint Museum de Charlotte, en Caroline du Nord (2011). Le travail de Sheila Hicks a largement fait partie de grandes expositions collectives, dont la « Whitney Biennale » au Whitney Museum of American Art de New York (2014), la « Thread Lines » au Drawing Center de New York (2014) et la « Fiber Sculpture: 1960– Present » à l’Institute of Contemporary Art de Boston (l’exposition a ensuite eu lieu au Wexner Center for the Arts de Columbus, dans l’Ohio, au Des Moines Art Center, dans l’Iowa, en 2014-15) et la « Wow! Woven? Entering the (sub)Textiles » de la Künstlerhaus, à Graz (2015). Après « Predestined Colour Waves » à l’Espace Louis Vuitton München (2015-16), elle a exposé en solo au Joslyn Art Museum d’Omaha, dans le Nebraska (2016). Sheila Hicks a également participé à la 20e Biennale de Sydney (2016), à la Glasgow International (2016) et à la Triennale de l’art textile de Hangzhou, en Chine (2016).

Sheila Hicks a créé des œuvres monumentales spécialement pour le siège de la Fondation Ford à New York (1967, recréées en 2013-14), l’Université King Saud à Riyad, en Arabie saoudite (1983), le palais de justice fédéral de New York (1986), l’Institute for Advanced Study à Princeton, dans le New Jersey (2008) et le Duke Endowment à Charlotte, en Caroline du Nord (2015), entre autres.