Informations

La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

940-4 Abstraktes Bild

  • 2015
  • Gerhard Richter
  • Huile sur toile
  • 92,0 x 123,0 x 3,5 cm

Entre décembre 2014 et mai 2015, Richter a réalisé la série 938-941 dont font parties 940-4 et 941-7. Ces œuvres témoignent de l’intérêt que porte Richter à la peinture abstraite, qui a fait sa renommée. Elle repose sur la superposition de couches picturales, séparées par des intervalles de temps : la peinture est d’abord appliquée, puis grattée et complétée. 

Ces œuvres, d’une grande richesse chromatique et texturée, s’inscrivent dans une longue lignée d’œuvres abstraites qui constituent la grande partie de son œuvre et marquent le retour de Gerhard Richter à la peinture abstraite, après son dernier grand ensemble d'œuvres abstraites de 2009 et la période qui a suivi (2010-2013) où il s'est consacré à l'exploration de moyens non picturaux, notamment les Bandes (Strip). Elles font immédiatement suite à l’ensemble « Birkenau » (2014).

Crédit artiste : © Gerhard Richter 2025 (18102025) Crédit photographique : © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Gerhard Richter

D'abord héritier de la tradition académique enseignée aux Beaux-Arts de Dresde (alors en Allemagne de l’Est), Gerhard Richter s’est emparé de la photographie dès le début des années 1960 pour construire, dans la lignée du réalisme capitaliste de ses premières expositions, une réflexion sur la peinture et la finalité de l’art.

Marqué par l’expérience des années de guerre, il trouve dans ce médium une distance critique pour aborder des sujets où le politique et l’histoire sont étroitement liés à la sphère intime. Il reproduit tout au long de sa carrière des photographies de magazines et de journaux, ainsi que ses propres photographies – images de ses proches ou albums de famille –, et développe parallèlement une forme d’abstraction où coexistent grilles colorées, abstraction gestuelle et monochromes. Richter revisite ainsi, non sans distance ironique, l’histoire de la peinture, les thèmes romantiques et sublimes, l’abstraction géométrique ou lyrique. Plus qu’un parallélisme, cette coexistence entre figuration et abstraction apparaît comme une mise en abîme faisant écho à la profondeur matérielle de la surface grattée; et des éléments photographiés devinés par transparence, ou à celle, mentale, matérialisée par certains titres renvoyant à des atmosphères, des éléments naturels ou encore des prénoms. Loin d’être réductrice et conceptuelle, cette recherche de toute une vie trouve sa radicalité dans son hésitation entre effacement et dévoilement.

Lire plus