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La Fondation est actuellement fermée. Elle rouvrira ses portes le 9 octobre 2026 à l'occasion de l'exposition "Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne".

L’œuvre est constituée d’une barque de boat people cubains récupérée sur les plages de Miami. Elle est littéralement métamorphosée par une couronne, des chaînes et des colliers en verre polychrome, qui à leurs extrémités prennent la forme de grandes larmes de cristal limpide.

Le bateau de larmes

  • 2004
  • Jean-Michel Othoniel
  • Verre de Murano, métal, bois, peinture
  • 345,0 x 535,0 x 215,0 cm

Le Bateau de larmes, 2004, a été présenté pour la première fois à l’occasion de Art Unlimited 2005, dans le bassin situé face à l’entrée de la foire de Bâle. L’œuvre est constituée d’une barque de boat people cubains récupérée sur les plages de Miami. Elle est littéralement métamorphosée par une couronne, des chaînes et des colliers en verre polychrome, qui à leurs extrémités prennent la forme de grandes larmes de cristal limpide. Les considérations humanistes qui président à la conception de cette œuvre trouvent ainsi une traduction à la fois émotive et spectaculaire. « La beauté n’existe pas sans sa part d’ombre, commente l’artiste. Si on veut parler du beau, il faut aussi parler du grotesque, des monstres, de la violence. »

Crédit artiste : © Adagp, Paris, 2025. Crédit photographique : © Sun Shi / Louis Vuitton Crédit artiste : © Adagp, Paris, 2025. Crédit photographique : © Sun Shi / Louis Vuitton Crédit artiste : © Adagp, Paris, 2025. Crédit photographique : © Sun Shi / Louis Vuitton

Jean-Michel Othoniel

Élève de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, Jean-Michel Othoniel appartient à une génération d’artistes pour laquelle l’histoire du conceptualisme était close. Soucieux de poursuivre sa quête de la beauté en soi, il s’est constitué un panthéon personnel où se retrouvent certains artistes de l’arte povera et de l’art minimal, mais surtout des artistes françaises comme Annette Messager, Louise Bourgeois ou encore Sophie Calle. Il présente sa première exposition personnelle en 1989, « À travers le grand vide critique », à la galerie Antoine Candau, à Paris. Dans les années suivantes, il conçoit de provocantes sculptures en soufre, très remarquées à la Documenta de Cassel en 1992, et qui lui valent une reconnaissance internationale précoce.

Fort de ce succès, il poursuit ses expérimentations des propriétés du verre, en particulier au Centre international du verre de Marseille où il tente de reproduire de manière artificielle les apparences d’une roche précieuse entre toutes, l’obsidienne. Cette quête et les découvertes connexes de l’univers du verre le conduiront à travailler dans les laboratoires de Saint-Gobain puis au CIRVA et enfin auprès du maître verrier Oscar Zanetti à Murano. Le verre soufflé, qui se plie à toutes sorte de transformations, et dont les connotations symboliques sont si riches, va dès lors constituer son matériau de prédilection. Pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 1996, il suspend des colliers de verre dans les jardins de la Villa dans un geste qui va devenir bientôt caractéristique.

Ses objets en verre polychrome deviennent en effet les instruments d’installations ambitieuses qui visent à recréer des espaces oniriques et édéniques. « J’aime, dit-il ainsi, donner au visiteur l’impression qu’il est seul face à l’œuvre, dans un jardin d’Éden fermé, un sérail exotique hors du monde. Mes sculptures de verre, il faut les découvrir en s’y promenant. » Ses œuvres, fruits défendus libéralement offerts, vivent et s’intègrent au paysage, comme de subtiles excroissances organiques jouant des ombres et des lumières. La beauté a son revers et, au moment des ravages du Sida, Jean-Michel Othoniel ne l’ignore évidemment pas. Il crée en 1997 une édition, Le collier cicatrice, petit collier de verre rouge offert à ceux qui veulent le porter avec fierté. 

La vie et la beauté n’abdiquent pourtant pas leurs droits et l’artiste étend son champ d’opérations à l’espace urbain avec la commande de la RATP en 2000, pour l’une des entrées du métro Palais Royal-Musée du Louvre. Les couronnes de verre et d’aluminium sur la Place Colette, et le banc adjacent, créent une atmosphère féérique toute particulière. Quatre ans plus tard, le Théâtre de la Ville de Rochefort et le Théâtre du Châtelet à Paris lui donnent l’occasion de travailler pour la scène pour Le Petit Théâtre de Peau d’Âne. Othoniel cherche toujours à concilier les exigences de la commande publique monumentale et celles de la beauté plastique, comme en témoigne encore Peggy’s Necklace, monumental collier de verre bleu disposé sur la façade de la Collection Peggy Guggenheim à Venise.

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