Thaw

  • 2001
  • Doug Aitken
  • DVD vidéo, Digital betacam, Betanum, 720x480, NTSC
  • Dimensions variables 4 min. 10 s.

Installation composée de 3 projections vidéo, couleur, sonore

Crédit artiste : © Doug Aitken Crédit photographique : © Keizo Kioku / Louis Vuitton Crédit artiste : © Doug Aitken Crédit photographique : © Keizo Kioku / Louis Vuitton Crédit artiste : © Doug Aitken Crédit photographique : © Keizo Kioku / Louis Vuitton

Doug Aitken

"Monter un film c'est comme écrire de la musique. Cela a finalement peu à voir avec les images. La chose la plus intéressante dans le montage serait d'éliminer l'image et de simplement voir des tons lumineux clignotants. Voilà ce que le montage crée : des transitions et des mouvements de lumière. C'est comme un papier peint - la narration est enroulée dans la lumière en mouvement", expliquait Doug Aitken dans un entretien récent. En affirmant la nature profondément abstraite de son œuvre, l'artiste souligne ici un des paradoxes de son travail. Initialement, celui-ci a été formé à l'illustration de magazine, et la production vidéo qu'il développe à partir du milieu des années 1990 est largement nourrie par l'imagerie populaire.

Elle semble alors davantage se placer dans le giron du cinéma commercial ou du vidéo-clip qu'elle ne s'inscrit dans l'histoire de l'art. Si elle délaisse parfois la vidéo, au profit de la photographie ou de l'installation sculpturale, son œuvre est d'abord marquée par l'omniprésence des écrans dans notre environnement. L'image est omniprésente chez Aitken, mais c'est dans l'attention attribuée au montage, à la spatialisation de celles-ci que l'artiste dépasse son simple cadre pour aborder des notions perceptives sous-jacentes. Dans son montage interne, comme dans ses dispositifs d'exposition, le cinéma de Doug Aitken conserve la trace des expérimentations filmiques du XXe siècle et de l'idée d'un cinéma élargi, dépassant la narration et la figuration. En 2006, la publication d'un recueil d'entretien intitulé Broken Screen (ed. DAP) et dans lequel l'artiste interroge des personnalités telles que Claire Denis, Kenneth Anger, Bruce Conner ou encore Pierre Huyghe démontre l'inscription de ce dernier dans cette généalogie. Diffusée sur différents supports, mariée avec le son et parfois éclatée dans l'espace, l'image chez Aitken atteint des qualités sensorielles quasi-physiques qui dépassent les frontières de la simple vision. 

Si les figures humaines sont au centre de nombre de ses courts-métrages et installations, leurs représentations participent à la composition d'un flux et d'un environnement plus vaste. Le paysage, qu'il soit urbain (Electric earth, 1999) ou désertique (Diamond Sea, 1997), est un autre sujet de prédilection de l'artiste. Mais là aussi, son traitement tend vers un naturalisme d'un nouveau genre. Servie par une maîtrise de la technologie et des codes de l'entertainment et de la communication, l'œuvre d'Aitken s'attache à description d'un "paysage invisible", un environnement bouleversé par les transits, les variations magnétiques, les informations et les ondes.

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