Calder. Rêver en équilibre

Exposition Du 15.04.2026 au 16.08.2026
ALEXANDER CALDER, Black Widow, 1948.Feuille de métal, fil de fer et peinture, 325,1 x 251, 5 cm. Instituto de Arquitetos do Brasil – Departamento de São Paulo. On deposit from the Artist, 1948. © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource. Photograph by Tim Nighswander / IMAGING4ART. ALEXANDER CALDER, La Grande vitesse (1:5 intermediate maquette), 1969. Feuille de métal, tige, fil de fer, bois et peinture, 259,1 x 342,9 x 236,2 cm. Calder Foundation, New York. © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York

Complet

Tarifs
0 € - 32 €
Horaires
10h-20h

À l’occasion du centenaire de l'arrivée en France d'Alexander Calder et des cinquante ans de sa disparition, la Fondation présente l’exposition « Calder. Rêver en équilibre ».

Cette exposition couvre un demi-siècle de création, de la fin des années 1920 et les premières représentations du Cirque Calder qui captivent les avant-gardes parisiennes, à ses sculptures monumentales qui redéfinissent l’idée d’art public dans les années 1960 et 1970. À la Fondation, flottant dans l’architecture des espaces dessinés par Frank Gehry, ses mobiles transforment l’exposition en chorégraphie. 

L’exposition, l’une des plus importantes à ce jour consacrées à Alexander Calder, a été conçue en étroite collaboration avec la Calder Foundation, qui en est le principal prêteur. Elle bénéficie également de prêts d’institutions internationales et de collectionneurs privés de premier ordre, regroupant ainsi près de 300 œuvres : des mobiles et stabiles – pour emprunter à la terminologie caldérienne pour désigner les abstractions cinétiques et statiques – mais également des portraits réalisés à partir de fil de fer, des figures sculptées en bois, des peintures, des dessins et même des bijoux, conçus comme de véritables sculptures. Tout au long d’un parcours chronologique, occupant plus de 3000 m2, les préoccupations artistiques fondamentales de Calder sont articulées : tout d’abord le mouvement mais aussi, la lumière, la réflexion, les matériaux humbles, le son, l'éphémère, la gravité, la performance, l'espace positif et négatif. 

Cette exposition étant une célébration anniversaire, elle élargit son propos avec des contributions des contemporains de l’artiste. Des travaux de ses amis, Jean Arp, Barbara Hepworth, Jean Hélion et Piet Mondrian, ainsi que de Paul Klee et Pablo Picasso, permettent de situer l’inventivité radicale de Calder dans le concert des avant-gardes. Trente-cinq clichés réalisés par les plus importants photographes du XXe siècle (Henri Cartier-Bresson, André Kertész, Gordon Parks, Man Ray, Irving Penn et Agnès Varda…) montrent un artiste funambule entre l’art et la vie. « Calder. Rêver en équilibre » présente également des focus consacrés à des ensembles clefs de l’œuvre de Calder, notamment sa série tant appréciée des Constellations ou ses bijoux au dynamisme fascinant.

ALEXANDER CALDER, « Dispersed Objects with Brass Gong », 1948

Laiton, feuille de métal, fil de fer et peinture, 48,3 x 167,6 cm. Shirley Family Calder Collection. Promised Gift to the Seattle Art Museum. © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource

Dans la continuité des expositions monographiques consacrées à des figures majeures de l’art des XXᵉ et XXIᵉ siècles — tels que Jean-Michel Basquiat, Joan Mitchell, Charlotte Perriand, Mark Rothko, David Hockney, Gerhard Richter – la Fondation Louis Vuitton consacre la totalité de ses espaces aux travaux de Calder et pour la première fois la pelouse attenante. Ce faisant, c’est également un dialogue entre les volumes, les plans et les mouvements de Calder et ceux de l’architecture de Frank Gehry que l’exposition initie. 

C’est vers l’âge de 25 ans qu’Alexander Calder renoue avec l’héritage familial (fils d’une peintre et d’un sculpteur, petit-fils d’un sculpteur) en se tournant d’abord vers la peinture et le dessin. Après ses études à l’Art Students League de New York, il s’installe à Paris en 1926. Dans le quartier de Montparnasse, très rapidement, l’artiste s’intègre dans ce qui est alors le premier foyer artistique mondial. Il y propose des formes uniques, des sculptures de fil de fer figuratives et épurées, qui attirent la critique, et un Cirque miniature. Grâce au prêt exceptionnel du Whitney Museum of American Art, une première depuis quinze ans, le Cirque Calder revient à Paris, la ville où il a été créé. Au centre de ce spectacle d’un nouveau genre, Calder manipule des acrobates, clowns, cavaliers miniatures devant une audience sans cesse plus grande. Fernand Léger, Jean Hélion, Le Corbusier, Jean Arp, Joan Miró sont quelques-uns de ses spectateurs, tout comme Piet Mondrian. 

La visite de l’atelier de Mondrian par Calder en 1930, où il fut profondément impressionné par l’environnement spatial et coloré du lieu, marque le tournant abstrait de son œuvre, d’abord par la peinture, puis par la sculpture. Marcel Duchamp proposa le nom de « Mobiles » pour les compositions abstraites et cinétiques que présentent l’artiste en 1932 à la Galerie Vignon à Paris. D’abord entraînés mécaniquement, puis mus par quelques bruissements d’air, ces mobiles empruntent alors « leur vie à la vie vague de l’atmosphère » comme l’écrit Jean-Paul Sartre en 1946. Quant aux « stabiles », Arp proposa ce terme en réponse à la terminologie de Duchamp pour désigner les objets statiques de Calder au début des années 1930.

Si Calder repart aux Etats-Unis en 1933, il réalise un aller-retour avec l’Europe marqué par sa participation au Pavillon de la République Espagnole en 1937 avec Miró et Picasso. Il revient ensuite en France, dès la fin de la guerre et installe un atelier dans le hameau de Saché, dans la vallée de la Loire, en 1953. C’est un pied dans chaque pays qu’il développe son œuvre, renouvelant jusqu’à son décès en 1976 l’idée même de la sculpture. Par le mouvement bien sûr, mais également par l’invention d’un vocabulaire qu’il déploie à toutes les échelles, allant de fins assemblages de métal s’animant au moindre souffle à des constructions monumentales, il crée des sculptures non objectives qui coexistaient en parallèle avec la nature. Comme le notent Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer, commissaires invités de l’exposition, « La démarche novatrice de Calder a élargi les dimensions de la sculpture pour y inclure le temps comme une quatrième dimension essentielle ».

Commissariat

Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, commissaire générale
Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer, commissaires invités
Assistés de Valentin Neuroth et Claire Deuticke
Olivier Michelon, commissaire associé, assisté de Léna Lévy

Cette exposition a été rendue possible grâce à un partenariat avec la Calder Foundation et le Whitney Museum of American Art. 

Complet