Gerhard Richter - Abstrakt

Hors Les Murs Du 19.11.2021 au 17.04.2022

© Gerhard Richter. Photo © Primae / Louis Bourjac

Lieu
Espace Louis Vuitton Osaka
Louis Vuitton Maison Osaka Midosuji 5F
2-8-16, Shinsaibashi-suji Chuo-ku
Tél.
T +81 3 3515 0855
Horaires
12:00 - 20:00

L’Espace Louis Vuitton Osaka présente sa deuxième exposition, Abstrakt, consacrée à l’artiste allemand Gerhard Richter. Les œuvres issues de la Collection sont exposées dans le cadre du programme Hors-les-murs que la Fondation Louis Vuitton propose dans les Espaces Louis Vuitton de Tokyo, Munich, Venise, Pékin, Séoul et Osaka pour mener à bien son intention de toucher un public international.

Né à Neustadt près de Dresde en ex-RDA, Gerhard Richter a grandi et vécu la Seconde Guerre mondiale à Reichenau (aujourd’hui Bogatynia, une ville de Pologne), puis à Waltersdorf près de la frontière tchèque. Après avoir travaillé comme peintre de théâtre, il s’est inscrit en 1951 à l’académie des Beaux-arts de Dresde où il a reçu une formation très académique sous le contrôle des autorités culturelles de l’époque. Spécialisé en peinture murale (ce qui lui a valu plusieurs commandes), il a terminé sa formation en 1956. Cinq ans plus tard, il a fui l’Allemagne de l’Est pour Düsseldorf où il a poursuivi ses études auprès du peintre abstrait Karl Otto Götz à l’académie des Beaux-arts de la ville. Il s’est lié d’amitié avec Sigmar Polke et Konrad Lueg, avec qui il a organisé une première exposition dans un magasin abandonné en 1963, suivie d’une seconde intitulée Living with Pop: A Demonstration for Capitalist Realism.  


Gerhard Richter. Möhre, 1984

© Gerhard Richter. Photo © Primae / Louis Bourjac

Gerhard Richter a commencé à utiliser la photographie au début des années 1960 pour remettre en question la peinture et la raison d’être de l’art dans l’esprit du réalisme capitaliste qu’il avait revendiqué dans ses premières expositions. L’expérience de la Seconde Guerre mondiale l’ayant beaucoup marqué, la photographie semblait lui offrir la distance nécessaire pour aborder des sujets où la politique et l’histoire influencent directement la sphère personnelle. Tout au long de sa carrière, il a copié des photos de magazines et de journaux, ainsi que ses propres photographies, notamment de ses proches et de sa famille. En parallèle, il a développé une forme d’abstraction mêlant grilles colorées, peinture gestuelle et monochromes.

Ses premières œuvres abstraites datent du milieu des années 1960. Il continue aujourd’hui à en produire en alternance avec ses œuvres figuratives. Jusqu’en 1971, son usage de la couleur était rare ou discret, mais à partir de 1979, il est devenu généreux, frappant et de toute évidence motivé par un principe de plaisir qui émergera plus clairement tout au long des années 1980. Richter a également développé différentes textures à l’aide d’une variété d’outils (pinceaux et spatules de différentes tailles). Si cela donne d’abord une impression de profusion, on identifie rapidement la structure rigoureuse de chaque texture. Par exemple, dans Möhre [Carotte] (1984), la composition s’articule autour d’un axe central défini par une ligne jaune vif soulignée de gris et entourée de trois zones chromatiques (gris, rouge et jaune) possédant chacune leur propre texture.

Richter revisite activement le début de sa carrière, ainsi que – non sans un recul ironique – l’histoire de la peinture, des thèmes romantiques et sublimes, ou encore l’abstraction géométrique et lyrique. Plus qu’une approche parallèle, la coexistence entre figuration et abstraction qu’il chérit émerge comme une mise en abyme. La profondeur matérielle résonne grâce à la surface rayée et les éléments photographiés aperçus à travers des couches transparentes, tandis que la profondeur mentale se matérialise dans des titres qui évoquent des atmosphères, des éléments naturels ou des prénoms. Loin d’être simpliste et conceptuelle, cette recherche d’une vie atteint son paroxysme dans son hésitation entre effacement et dévoilement.  

Pour l’Espace Louis Vuitton Osaka, la Fondation Louis Vuitton a spécialement choisi 18 tableaux abstraits de Gerhard Richter de la Collection qui retracent plus de trente ans de création. Deux de ces œuvres, 940-4 Abstraktes Bild et 941-7 Abstraktes Bild (2015), sont présentées pour la première fois. Cette exposition rend hommage à l’un des peintres les plus prolifiques et emblématiques de l’ère contemporaine.


L'artiste

Gerhard Richter

D'abord héritier de la tradition académique enseignée aux Beaux-Arts de Dresde (alors en Allemagne de l’Est), Gerhard Richter s’est emparé de la photographie dès le début des années 1960 pour construire, dans la lignée du réalisme capitaliste de ses premières expositions, une réflexion sur la peinture et la finalité de l’art.

Marqué par l’expérience des années de guerre, il trouve dans ce médium une distance critique pour aborder des sujets où le politique et l’histoire sont étroitement liés à la sphère intime. Il reproduit tout au long de sa carrière des photographies de magazines et de journaux, ainsi que ses propres photographies – images de ses proches ou albums de famille –, et développe parallèlement une forme d’abstraction où coexistent grilles colorées, abstraction gestuelle et monochromes. Richter revisite ainsi, non sans distance ironique, l’histoire de la peinture, les thèmes romantiques et sublimes, l’abstraction géométrique ou lyrique. Plus qu’un parallélisme, cette coexistence entre figuration et abstraction apparaît comme une mise en abîme faisant écho à la profondeur matérielle de la surface grattée; et des éléments photographiés devinés par transparence, ou à celle, mentale, matérialisée par certains titres renvoyant à des atmosphères, des éléments naturels ou encore des prénoms. Loin d’être réductrice et conceptuelle, cette recherche de toute une vie trouve sa radicalité dans son hésitation entre effacement et dévoilement.