Der Spiegel

  • 2007
  • Keren Cytter
  • Video, color and sound
  • Duration : 4 min 30 sec

Crédit artiste : © Keren Cytter, all rights reserved

Keren Cytter

Drawing primarily on video, Keren Cytter’s work stands out for the uniqueness of her artistic style. To date, the artist has also published three short stories (The Man Who Climbed Up the Stairs of Life and Found Out They Were Cinema Seats, The Seven Most Exciting Hours of Mr Trier’s Life in Twenty-Four Chapters* and *The Amazing True Story of Moshe Klinberg). Through its plots, dialogue, the ambivalent role given to the narrators and the blurred boundaries between fiction and autobiography, her work could be described as "auto-fiction". By involving her family and friends and using domestic settings, the artist further emphasises the personal nature of her films.

Si l'économie des films construits par Andy Warhol à partir de son entourage pourrait être évoquée, la comparaison tourne court. Les outrances de Cytter se basent davantage sur des sentiments exacerbés que sur le glamour et la sophistication des acteurs. L'artiste décrit des figures et des situations archétypales (le couple, l'adultère, le meurtre) et met en scène des dispositifs évoquant des schémas psychanalytiques. Mais ceux-ci s'expriment dans des décors ordinaires, avec des acteurs amateurs et dans un style cinématographique direct.

La manière de Cytter évoque aussi bien la vidéo-amateur que le"dogme" de Lars Von Trier. Sa filmographie se place sous le parrainage de figures tutélaires comme John Cassavetes ou se réfère directement aux travaux de Michelangelo Antonioni (Les ruissellements du diable, 2008), Roman Polanski (Repulsion, 2005) ou de Pier Paolo Pasolini et Federico Fellini (Alla ricerca dei fratelli et Una forza che vienne del passato, diptyque de 2008). Enfin, même si leurs trames narratives impliquent un début et une fin, les œuvres de Cytter sont portées par une dynamique du montage et un recours fréquent à la boucle qui refusent la linéarité. Les sentiments de "déjà-vu" ou "déjà vécu" abondent dans ses courts métrages au rythme soutenu et d'apparence fragmentaire. Les séquences qui les composent s'emmêlent à mesure que le film est répété à l'écran, tandis que des références cinématographiques multiples impliquent le spectateur dans la construction d'un hors champs narratif. 

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