Atomium, détail n°10

  • 2007
  • Bertrand Lavier
  • Acrylique sur aluminium
  • 210 x 247 x 13 cm
Bertrand Lavier réinvestit la pratique d’anonymes qui, ayant acheté des fragments de l’Atomium au moment de sa rénovation, les ont mis au mur chez eux. Il recouvre l’objet de sa touche « Van Gogh » dans une couleur argent identique à l’« objet trouvé », introduisant une tension entre la forme minimaliste et le rendu expressionniste de l’œuvre.

© Adagp, Paris, 2015. Photo © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Accrochages

Bertrand Lavier

Après des études d’horticulture à l’École nationale de Versailles dont l’influence se ressent dans sa démarche, Bertrand Lavier commence une carrière artistique au début des années 1970. Dans une approche où l’esprit du ready-made duchampien se mêle à l’imagerie populaire du Pop art et à la trivialité d’éléments proches du Nouveau Réalisme, l’artiste brouille les pistes, transcende les catégories traditionnelles entre peinture et sculpture, marquant un net intérêt pour l’hybridation.

Ses œuvres, qui prennent la forme d’objets peints, superposés, soclés, agrandis ou simplement détournés de leur contexte d’origine, sont organisées en « chantiers » – c’est ainsi qu’il se plaît à désigner ses séries – qu’il laisse volontairement ouverts pour pouvoir y revenir en permanence. Bertrand Lavier s’approprie aussi bien des objets quotidiens que des œuvres d’art. Ainsi, en 1985, il repeint avec sa « touche Van Gogh » un tableau de François Morellet avec les mêmes couleurs que l’original (Lavier/Morellet, 1975-1995, Paris, MNAM). Il en résulte une perception ambigüe de la peinture, dont le caractère abstrait s’efface au profit d’un statut équivoque, entre figuration et abstraction. Ce mélange des genres, des codes et des matériaux, emblématique de sa pratique artistique, produit des œuvres qui déstabilisent la perception, créant des instantanés à l’impact visuel d’une fulgurante évidence.

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