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Suite aux directives gouvernementales, la Fondation est temporairement fermée. Nous avons hâte de vous retrouver avec l'exposition La Collection Morozov. Icônes de l'art moderne.

F1 Boxenstopp I-IV

  • 2007
  • Andreas Gursky
  • 4 tirages couleur chromogène sous Diasec
  • 188 x 508 cm
Orchestrée par un jeu savant de lumières et de couleurs, l’irréalité de ces ballets frénétiques est décuplée par la réorganisation de fragments photographiques à l’aide de l’ordinateur. Si la galerie où se tient la foule des spectateurs et les stands situés en dessous sont identiques d’une image à l’autre, la disposition et l’apparence des personnages varient – en particulier au niveau de la combinatoire chromatique –, ce que rend sensible la séquence des quatre photographies. Chacun de ces tirages d’un format monumental fait valoir en son centre une zone vide séparant les deux groupes de techniciens, point aveugle dans lequel le regard est absorbé – ignorant pour un temps le chaos soigneusement organisé tout autour.

© Monika Sprüth Galerie, Köln / Adagp, Paris, 2009

Accrochages

Andreas Gursky

Né en 1955 dans une famille de photographes, Andreas Gursky a étudié la photographie à la Kunstakademie de Düsseldorf. Le regard détaché et objectif sur la société post-industrielle de ses maîtres Bernd et Hilla Becher a profondément influencé son travail centré depuis les années 1980 sur la confrontation entre une société contemporaine avide de spectacle et les nombreux défis nouveaux qui en découlent.

À partir des années 1990, ses séries dressent un inventaire des lieux emblématiques de la vie sociale mondialisée : supermarchés, gratte-ciels, usines, parkings, rassemblements festifs et sportifs. Construites sur des lignes de force, parfois définies au sein même du chaos d’une foule ou d’une décharge, ses œuvres témoignent d’une approche paradoxale où l’emprise évidente de l’homme sur son environnement traduit également la violence de la contrainte sociale subie par les individus. L’un des premiers photographes à recourir à l’informatique au début des années 1990, Gursky manipule a posteriori ses clichés, n’hésitant pas à effacer, dupliquer, atténuer ou rehausser des segments entiers de l’image d’origine. Avec leur composition rigoureuse et leur grand format, ses œuvres se présentent comme des tableaux-photographiques figeant le temps, où la multiplication et la netteté des détails touchent paradoxalement à l’abstraction. Loin d’être conçue comme un simple reflet de la réalité, l’image est construite par Gursky comme un objet obéissant à sa propre logique esthétique.

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