Informations

Suite aux directives gouvernementales, la Fondation est temporairement fermée. Nous avons hâte de vous retrouver avec l'exposition La Collection Morozov. Icônes de l'art moderne.

Reports of the Rain

  • 2014
  • Mark Bradford
  • Technique mixte sur toile
  • 183,5 × 244,2 cm

Très engagé politiquement et socialement, Reports of the Rain s’inscrit ici dans une veine plus lyrique. La succession régulière de lignes à dominante verticale sature la toile à la manière d’entailles où viennent également affleurer griffures, cicatrices, bouts de scotch. Composé de multiples strates de matière figées sous une épaisse couche de résine synthétique, dans un jeu continu de construction/déconstruction, de collage/décollage, l’artiste rend visible alors même qu’il efface. Espace sensible, Reports of the Rain se veut l’évocation possible d’un paysage sous la pluie.

Accrochages

Mark Bradford

L’outil de prédilection du peintre abstrait Mark Bradford est le papier, dont l’artiste utilise des chutes – affiches, publicités, posters – trouvées près de son atelier de Los Angeles, auxquelles il donne une seconde vie.

Formé au California Institute of the Arts à partir de 1991, Mark Bradford en sort diplômé d’un BFA (Bachelor of Arts) en 1995, et d’un MFA (Master of Arts) en 1997. Il utilise dans son travail le collage, la vidéo, l’impression, l’installation, la performance. À la fin des années 1990, Mark Bradford commence par travailler comme styliste dans le salon de coiffure de sa mère à  South Central Los Angeles. Il y remarque les fines bandes de « papier pointe » translucide utilisé par les coiffeurs, les rapporte à l’atelier et les intègre à ses compositions. Il restera fidèle à ce principe de réemploi de matériaux « non-artistiques » du quotidien. Qualifiant sa pratique « d’abstraction sociale », il s’inspire de la vie quotidienne hors de son atelier. Mark Bradford mêle dans son travail culture, culture populaire et préoccupations sociétales. Usant de la peinture, du collage, des « papiers trouvés » (morceaux d’affiches, papier carbone, « papier pointe » utilisé par les coiffeurs…) il a développé une technique caractéristique associant des strates accumulées de papier et une unification de la surface au moyen de vernis, de laque, de peinture. La surface est ensuite déchirée, creusée, poncée, parfois travaillée en y introduisant des matériaux divers (corde, fil de fer, ficelle…) afin de créer des compositions dynamiques et vibrantes qu’il fige sous d’épaisses couches de résine synthétique. Émergent alors de grandes compositions texturées et pourtant vibrantes pouvant évoquer un paysage urbain, une grille, des vues aériennes, voire une toile d’araignée ou même un système veineux. Faisant référence à différentes luttes, à l'épidémie de sida, aux émeutes raciales mais aussi à des catastrophes climatiques comme Katrina, l’œuvre de Mark Bradford se fait l’écho engagé de l'Histoire et des traumatismes de son pays. Engagé socialement, Bradford a cofondé en 2014 Art + Practice, une fondation d’art et d’éducation dans South Los Angeles destinée à accompagner des jeunes placés en famille d’hébergement. L’artiste a représenté les États-Unis à la 57e Biennale de Venise en 2017.

Lire plus

Dans le même accrochage