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Möhre

  • 1984
  • Gerhard Richter
  • Huile sur toile
  • 200 x 160 cm
Le principe de plaisir s’affirme de plus en plus clairement dans la peinture de Richter au cours des années 1980.  Employant divers outils (pinceaux, spatules et brosses de différentes tailles), il a en même temps multiplié les effets de matière. Mais si la première impression est celle de la profusion, on ne tarde pas à identifier dans chacun de ses tableaux une structure rigoureuse. Ainsi de Möhre (Carotte) (1984) où l’on reconnaît un axe central constitué par une éclatante ligne jaune appuyée de gris. De part et d’autre se distinguent trois zones chromatiques (gris, rouge et jaune), chacune traitée avec des effets de matière distincts.

© Gerhard Richter. Photographie © Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo

Accrochages

Gerhard Richter

D'abord héritier de la tradition académique enseignée aux Beaux-Arts de Dresde (alors en Allemagne de l’Est), Gerhard Richter s’est emparé de la photographie dès le début des années 1960 pour construire, dans la lignée du réalisme capitaliste de ses premières expositions, une réflexion sur la peinture et la finalité de l’art.

Marqué par l’expérience des années de guerre, il trouve dans ce médium une distance critique pour aborder des sujets où le politique et l’histoire sont étroitement liés à la sphère intime. Il reproduit tout au long de sa carrière des photographies de magazines et de journaux, ainsi que ses propres photographies – images de ses proches ou albums de famille –, et développe parallèlement une forme d’abstraction où coexistent grilles colorées, abstraction gestuelle et monochromes. Richter revisite ainsi, non sans distance ironique, l’histoire de la peinture, les thèmes romantiques et sublimes, l’abstraction géométrique ou lyrique. Plus qu’un parallélisme, cette coexistence entre figuration et abstraction apparaît comme une mise en abîme faisant écho à la profondeur matérielle de la surface grattée; et des éléments photographiés devinés par transparence, ou à celle, mentale, matérialisée par certains titres renvoyant à des atmosphères, des éléments naturels ou encore des prénoms. Loin d’être réductrice et conceptuelle, cette recherche de toute une vie trouve sa radicalité dans son hésitation entre effacement et dévoilement.

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