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6 septembres

  • 2005
  • Christian Boltanski
  • Trois projections vidéo, 3 boutons de télécommande, son
  • Dimensions variables
Le spectateur peut arrêter d’un simple geste le flot d’images qui défilent sans jamais arriver à le juguler. Des images d’inconnus, de la France ou de la guerre du Vietnam, de Pompidou, de Françoise Sagan, ou d'un concert de Johnny Halliday, se succèdent à une vitesse démultipliée, accompagnées d’un son accéléré jusqu’à l’inaudible, comme pour précipiter le temps et l’histoire et rendre l’ensemble à un même anonymat. À la différence d’autres œuvres convoquant une mémoire intime et individuelle, 6 septembres, tel un "Je me souviens" visuel, fait référence à une mémoire historique collective, condensée en un seul jour, dans laquelle chacun peut se remémorer un souvenir marquant, une émotion, un moment de sa vie. Ce rythme incessant des images est manifeste de la surenchère médiatique contemporaine. L’extrême rapidité nivelle les événements, dramatiques ou plus légers, sans qu’il soit possible de les retenir.

© Adagp, Paris, 2014. Photographie © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage, © Adagp, Paris, 2014. Photographie © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Accrochages

Christian Boltanski

La vie et la mort, la mémoire et l’oubli sont au cœur de son travail. D’abord sous forme de reconstitutions d’objets et de saynètes grotesques dont il est lui-même l’acteur, puis par le recours à des photographies de famille, il entreprend, dès 1969, de rendre compte de vies ordinaires – la sienne et celle d’anonymes.

Empruntant la position de l’ethnographe dont il simule les présentations, il fait le lien, dans ses fausses biographies, entre expérience individuelle et dimension collective. Le bricolage, le découpage, l’empilement de boîtes d’archives ou en métal rouillé, l’accumulation de vêtements, les jeux d’ombre et lumière, la projection d’images sont les moyens simples qu’il utilise pour réaliser des installations, parfois éphémères, chargées d’émotion. L’allusion aux tragédies de l’histoire est transcendée par une considération plus générale sur la fragilité de la vie humaine. Christian Boltanski a participé en 1972 à la mythique Documenta V d’Harald Szeemann, laquelle a fait émerger la notion de mythologie individuelle. Il a représenté la France à la Biennale de Venise en 2011.

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